Une opération de régulation menée en Dordogne suscite une vive polémique. Au cours du mois de juillet, des tirs de nuit ont été réalisés sur plusieurs communes afin de limiter les dégâts causés par les cervidés dans des parcelles de maïs destinées notamment à l’alimentation du bétail.
Les opérations ont concerné plusieurs secteurs autour de Sainte-Foy-de-Longas, Mauzac-et-Grand-Castang et d’autres communes voisines. Elles ont été confiées à des lieutenants de louveterie dans le cadre d’arrêtés préfectoraux pris à la demande d’agriculteurs confrontés à d’importants dégâts.
Jusqu’à 150 cervidés observés lors de certaines sorties
Selon les services de la préfecture de la Dordogne, les opérations ont été décidées après la constatation de dégâts agricoles. Lors des sorties effectuées sur le terrain, les agents auraient observé des concentrations particulièrement importantes de cervidés, avec 120 à 150 animaux recensés lors de certaines interventions.
Au total, 30 cervidés ont été prélevés au cours de ces opérations.
La préfecture explique également que le recours aux tirs nocturnes s’inscrit dans un contexte météorologique particulier. Les fortes chaleurs estivales rendaient en effet difficiles l’organisation de battues administratives classiques.
L’objectif n’était toutefois pas uniquement de prélever des animaux. D’après les services de l’État, les interventions devaient également contribuer à effaroucher les autres cervidés présents dans les secteurs agricoles, afin de réduire la pression exercée sur les cultures.
La SEPANSO dénonce une décision « absurde »
Ces opérations ont provoqué la colère de la SEPANSO Dordogne. Son président, Gérard Charollois, estime que ces tirs constituent une réponse disproportionnée aux dégâts agricoles.
L’association affirme notamment que les conditions climatiques ont déjà fortement pénalisé les cultures de maïs et conteste l’intérêt de protéger certaines parcelles dans un contexte qu’elle juge particulièrement défavorable à cette production.
La SEPANSO redoute par ailleurs une diminution importante des populations de cervidés dans les secteurs concernés et demande à la préfecture de mettre fin à ce type d’intervention.
Les agriculteurs défendent la protection de leurs cultures
Du côté du monde agricole, le discours est radicalement différent. Rémi Dumaure, président de la chambre d’agriculture de Dordogne, considère que les agriculteurs ne peuvent pas accepter que leurs cultures soient davantage endommagées par la faune sauvage.
Le maïs concerné est notamment destiné à nourrir le bétail. Pour les exploitants, les dégâts occasionnés par les cervidés représentent donc une perte économique qui vient s’ajouter aux difficultés déjà rencontrées cette année.
La chambre d’agriculture défend ainsi le principe d’une régulation lorsque la densité de cervidés devient incompatible avec la protection des cultures.
Une opération désormais terminée
La préfecture précise que les opérations autorisées en juillet sont désormais terminées. Le secteur concerné figure parmi les zones de Dordogne les plus touchées par les dégâts agricoles liés au grand gibier : il se classe deuxième parmi les 32 secteurs suivis au cours des trois dernières années, selon les services de l’État.
La polémique pourrait toutefois connaître une suite judiciaire : le président de la chambre d’agriculture a indiqué envisager de déposer plainte contre la SEPANSO à la suite des déclarations de son président.










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