Le tribunal administratif de Rennes a suspendu, le 6 août 2026, l’arrêté préfectoral qui autorisait la vénerie sous terre du blaireau dans le Morbihan jusqu’au 14 septembre. Saisis par quatre associations de défense des animaux, les juges ont estimé manquer d’éléments fiables sur l’état de la population locale, pourtant en nette progression selon les propres chiffres de l’Etat.
Une mesure de gestion pourtant justifiée par les dégâts sur le terrain.
Le 9 juin 2026, le préfet du Morbihan avait ouvert une période complémentaire de déterrage, du 15 juin au 14 septembre.
Les services de l’État justifiaient eux-mêmes cette ouverture anticipée par une population jugée en hausse depuis 2011, avec 404 individus recensés en janvier sur 161 communes, ainsi que par les répercussions sur la sécurité routière et sur les cultures.
Des nuisances que les agriculteurs et les chasseurs du secteur connaissent bien, à tel point que la présence en nombre de ces animaux fait l’objet de plaintes régulières.
A lire aussi : En Indre-et-Loire, la justice suspend la vénerie estivale du blaireau malgré un dialogue engagé avec les associations
Le déterrage reste pourtant l’un des rares outils de régulation efficaces contre le blaireau.
Les associations montent au créneau et obtiennent gain de cause.
AVES France, One Voice, l’l’ASPAS et la LPO de Bretagne avaient saisi le juge des référés dès le 3 juillet, jouant encore une fois sur une période d’ouverture coïncidant avec la reproduction de l’espèce.
Le juge leur a cette fois donné raison, relevant « en l’absence d’éléments suffisamment fiables » sur l’état de conservation du blaireau et que les prélèvements envisagés étaient susceptibles d’affecter des jeunes nés dans l’année.
Un raisonnement qui laisse de côté la réalité vécue par ceux qui subissent chaque année les dégâts causés par cette espèce en pleine expansion dans la région…
L’Etat a été condamné à verser 1 000 euros aux associations requérantes, et l’arrêté se retrouve suspendu en pleine saison. Une décision qui vient allonger la liste des arrêtés de déterrage retoqués ces dernières années par les tribunaux administratifs, alors que la question des dégâts agricoles et de la sécurité routière se pose plus que jamais.










![[Vidéo] Un cerf mulet et un lapin de garenne meilleurs amis](https://www.chassepassion.net/wp-content/uploads/2026/08/cerf-mulet-lapin.jpg)




