La question de l’usage du plomb dans les armes de chasse ne concerne pas que les chasseurs mais aussi les sportifs amateurs de ball-trap. Les rumeurs vont bon train dans le milieu mais est-ce que le plomb sera interdit au ball-trap avant ou après que ce soit le cas à la chasse? Sous quelles conditions? On fait le point.
Un texte remanié plusieurs fois et un peu plus favorable qu’au départ.
Le projet initial de la Commission européenne, présenté en février 2025, avait de quoi inquiéter. Dix-huit mois avant l’interdiction pour certaines balles, trois ans pour la grenaille : des délais si courts qu’ils avaient fait monter au créneau toute la filière, chasseurs, tireurs sportifs et armuriers réunis.
Le texte a été retravaillé tout au long de l’année. À tel point que la version validée le 25 juin ne ressemble plus vraiment à celle de départ.
Les munitions à balle sont désormais totalement exclues de la restriction, grâce notamment à la mobilisation de la Fédération Nationale des Chasseurs et du Syndicat National des Armuriers.
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Seule la grenaille reste concernée et le délai passe à sept ans avant l’interdiction de son port, de son tir et de sa mise sur le marché, et à huit ans pour que les États publient la liste des stands reconnus conformes aux mesures de confinement et de gestion des risques prévues par le règlement.
Une dérogation qui sauve pour le moment le ball-trap.
Pour les amateurs de ball-trap, c’est ce point qui change tout. Un tireur licencié pourra continuer à utiliser de la grenaille de plomb, mais sous plusieurs conditions cumulatives.
- Le diamètre de la grenaille doit être compris entre 1,9 et 2,6 millimètres, ce qui correspond aux calibres habituellement utilisés au ball-trap et exclut de fait les plus gros diamètres employés pour d’autres usages.
- Le statut du tireur : il doit être licencié dans une fédération de tir sportif, la dérogation ne s’appliquant donc pas à un tireur occasionnel ou non affilié.
- L’équipement du stand : celui-ci doit avoir installé au moins deux dispositifs limitant la dispersion du plomb dans l’environnement, qu’il s’agisse de murs, de merlons de terre, de filets ou d’une couverture des zones où retombent les plombs.
- La récupération de la grenaille : le stand doit organiser un ramassage du plomb tiré au moins une fois tous les trois ans, pour éviter son accumulation dans le sol.
- La tenue de registres : le stand doit conserver une trace écrite de ces opérations, consultable par les autorités compétentes en cas de contrôle.
Autant dire que la survie du ball-trap au plomb dépendra autant de la réglementation que des investissements que les clubs seront prêts à consentir avant que l’on nous force à passer définitivement à l’acier.
La balle, si l’on peut dire, est désormais dans le camp du Parlement européen et du Conseil, qui doivent encore se prononcer avant l’adoption définitive du texte.










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