Après avoir annoncé sa démission en juillet pour protester contre l’adoption de la loi d’urgence agricole, la ministre de la Transition écologique est finalement restée à son poste, à la demande de l’exécutif, et elle l’assume pleinement dans un entretien accordé à Libération.
Une ministre qui ne compte visiblement pas s’excuser d’être restée.
« Certains aimeraient que je ne sois plus là. Il faudra encore me supporter », lance Monique Barbut dans un entretien accordé à Libération, sans grande surprise pour ceux qui suivent depuis des mois les tensions qu’elle suscite au sein de la majorité comme dans le monde rural.
La ministre concède pouvoir « se sentir plus fragile » sans pour autant s’estimer fragilisée, et elle est manifestement lucide sur l’origine des critiques parues dans la presse cet été, qu’elle attribue autant à ses propres soutiens qu’à ses adversaires politiques déclarés.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu lui avait pourtant demandé fin juillet de présenter d’ici octobre de nouvelles mesures destinées à accélérer le Plan national d’adaptation au changement climatique.
Une radicalité qui ne règle rien sur le terrain.
Pour financer cette adaptation, la ministre réfléchit désormais à puiser dans la Caisse des dépôts issue de l’épargne des Français, faute de marges de manœuvre suffisantes du côté des ressources de l’État, une piste qui risque elle aussi de faire grincer des dents bien au-delà des seuls opposants politiques.
Cette manne financière serait censée irriguer les trois chantiers qu’elle revendique comme prioritaires, l’adaptation au changement climatique en tête, mais aussi la forêt et la santé environnementale, sans que l’on sache à ce stade quelle part reviendrait concrètement à chacun de ces dossiers.
L’entêtement de la ministre n’est pas non plus très appréciée du côté des chasseurs, où cette intransigeance revendiquée nourrit depuis des mois un climat de défiance : la Fédération Nationale des Chasseurs lui reproche notamment la suppression de certaines espèces de la liste des espèces chassables sans concertation, avant de dénoncer le retard pris par le nouvel arrêté ESOD, toujours pas publié à ce jour, qui a suspendu depuis le 1er juillet les opérations de piégeage censées protéger les cultures.








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