Un habitant de Vérignon, dans le Haut-Var, vient d’écoper d’amendes et d’une interdiction de chasser après plusieurs saisons de piégeage illégal de grives et de mésanges. Le tribunal a tranché, mais l’affaire relance forcément une question que certains posent depuis des années.
Le trafic bien rodé qui a coûté cher au prévenu.
Depuis 2022, chaque automne, un braconnier s’était organisé pour capturer des dizaines d’oiseaux sur sa propriété à l’aide de baguettes engluées, pourtant interdites, couplées à des enregistrements de chants d’oiseaux prévus pour attirer les grives.
Une partie des individus capturés vivants finissaient ensuite en volière pour être revendus comme appelants, tandis que l’autre partie était abattue puis congelée, transformée ou vendue.
Interpellé à son domicile en novembre dernier, le braconnier a reconnu les faits.
Une perquisition menée par les gendarmes de Draguignan a permis de saisir 600 grives congelées, 50 grives vivantes en cage, 19 mésanges tuées, 160 boîtes de pâté, 70 baguettes de glu et 15 pièges en fer, ainsi que 18 armes à feu et plusieurs dizaines de kilos de cartouches.
Le 18 juin dernier, le tribunal correctionnel l’a condamné à 900 euros de jours-amende, deux amendes de 400 euros, ainsi qu’au retrait de son permis de chasse et à l’interdiction de détenir une arme, l’une et l’autre pour trois ans, alors qu’il encourait jusqu’à 150 000 euros d’amende et trois ans de prison.
La condamnation relance pourtant un débat plus ancien sur l’interdiction de la glu.
Le braconnage ne sera jamais une solution et cette condamnation le rappelle à juste titre mais on peut tout de même s’interroger sur ce qui pousse certains à franchir la ligne.
La chasse à la glu, mode de chasse traditionnel perpétré pendant des décennies, a fini par être interdite sous la pression des instances européennes et des écologistes malgré la mobilisation des Fédérations qui en défendaient la pratique sous un cadre précis.
Privée de cadre légal, la demande d’appelants vivants n’a pourtant pas disparu du jour au lendemain et il serait naïf de croire que l’interdiction ait suffi à faire disparaître ce marché. Sans aller jusqu’à excuser quoi que ce soit, on peut légitimement se demander si une réglementation mesurée sur la chasse à la glu plutôt qu’une interdiction n’aurait pas évité ce genre de braconnage.
Soyons clairs, ce trafiquant n’avait rien d’un chasseur respectueux des traditions mais tant que la filière légale restera fermée, la tentation du marché noir, elle, ne le sera pas.









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