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Un nouveau vaccin ouvre une piste inédite contre la grippe aviaire

grippe aviaire dans le nord

Une étude Française publiée dans la revue Nature Communications vient de démontrer, pour la première fois en conditions naturelles, qu’une stratégie vaccinale peut protéger une population d’oiseaux sauvages contre le virus H5N1. L’essai a été mené sur des poussins de manchots royaux de l’archipel de Crozet, frappé de plein fouet par l’épizootie fin 2024. Les résultats, obtenus après plusieurs mois de suivi, ouvrent des perspectives inédites pour la faune patrimoniale la plus menacée.

Un archipel des Terres Australes durement touché par le virus.

Depuis 2020, le virus influenza aviaire hautement pathogène H5N1 ne se limite plus aux élevages avicoles et s’est imposé comme la plus grande épizootie jamais recensée chez les oiseaux sauvages, touchant désormais plusieurs espèces de mammifères.

L’archipel de Crozet, qui abrite près de 700 000 couples de manchots royaux, soit plus de la moitié de la population mondiale de l’espèce, constitue un terrain suivi depuis plus de vingt ans par des biologistes du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive, du Centre d’études biologiques de Chizé et de l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien, avec l’appui de l’Institut polaire Français.

Le virus y a été détecté fin octobre 2024 sur des carcasses d’éléphants de mer et de manchots royaux, avant d’être confirmé sur l’archipel voisin de Kerguelen.

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Les analyses du laboratoire national de référence de l’Anses, à Ploufragan, ont révélé une mortalité touchant de nombreuses espèces, tandis qu’une étude a établi que la souche provenait vraisemblablement des îles de Géorgie du Sud, révélant au passage un an de retard dans la surveillance génomique de cette région pourtant sensible.

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Un essai vaccinal encourageant, mais aux applications volontairement limitées.

C’est dans ce contexte que les chercheurs ont testé, en 2025, un vaccin ARN messager auto-amplificateur, initialement conçu pour la volaille domestique, sur trente poussins de manchots royaux vivant en totale liberté, comparés à vingt individus témoins.

Deux injections espacées d’un peu plus d’un mois ont suffi à déclencher une réponse immunitaire forte et durable, sans le moindre effet indésirable sur 250 jours de suivi.

Les chercheurs précisent toutefois qu’une vaccination de masse de la faune sauvage resterait irréaliste et contraire aux principes de gestion naturelle des populations, l’outil n’ayant de sens que pour des espèces rares ou en danger critique, à l’image du condor de Californie.

Pour les chasseurs et professionnels, habitués à alerter le réseau SAGIR de l’Office Français de la Biodiversité en cas de mortalité anormale, l’intérêt se situe surtout dans une meilleure compréhension des mécanismes immunitaires face au virus et de la protection des appelants comme des élevages. Depuis janvier 2026, un vaccin adapté aux souches actuelles est d’ailleurs testé dans six parcs zoologiques Français sur une vingtaine d’espèces.

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