Dossier chasse Périscope Que manque-t-il à la chasse pour s’intégrer totalement dans le monde moderne?

Le but de la chasse, traditionnellement, était de fournir de la nourriture à la famille et à la communauté du chasseur. Dans les sociétés pré-agricoles, la chasse était le seul moyen d’obtenir de la nourriture. Dans le monde d’aujourd’hui, de nombreuses personnes chassent encore pour se nourrir, mais aussi parce qu’ils adhèrent à un mode de vie, une éthique, un rapport spécial à la nature qui ne se retrouve nulle part ailleurs. Pourtant, il ne se passe pas une semaine sans qu’un journal ne publie un article ayant pour titre « faut-il interdire la chasse? ».

La chasse, une pratique ancestrale dans une société moderne.

Aujourd’hui, la chasse n’est définitivement plus une activité comme les autres puisqu’elle est devenue également un véritable sujet politique. Certains, comme au parti animaliste, font de l’interdiction de la chasse un combat quotidien mais c’est aussi, et surtout, un argument qui fait mouche auprès d’une audience qui sera alors tentée de leur faire des dons.

Pour autant, la chasse Française n’a jamais autant travaillé sur elle-même, que ce soit au niveau de la sécurité, de la communication et de l’ouverture aux autres. C’est avant tout sous l’impulsion de Willy Schraen que les choses ont changé puisque, comme il l’a dit à plusieurs reprises, les chasseurs restaient historiquement dans leur campagne sans expliquer les choses aux urbains.

« Pour vivre heureux vivons cachés », cette maxime adoptée pendant des décennies était appliquée par facilité et non pas par soucis de cacher des pratiques cruelles et barbares comme le disent nos détracteurs. Bien au contraire sinon le petit gibier aurait totalement disparu du territoire Français, il n’y aurait plus un seul chevreuil en forêt et le braconnage de toutes les espèces serait devenu monnaie courante.

Hors c’est tout l’inverse, partout en France, les chasseurs se sont mobilisés pour la sauvegarde de la petite faune en installant des agrainoirs, en instaurant des quotas locaux, en régulant les populations de prédateurs ou encore en réintroduisant des espèces sur des secteurs pour assurer une reproduction dans le but de créer une nouvelle population sauvage comme dans le cadre du faisan ou de la perdrix. Tout cela bien avant que certains « lanceurs d’alertes » ne salissent leurs premières couches et n’entendent les mots « cagnotte teepee ».

Focalisés sur ces missions et sur la passion de la chasse, la communication a été mise de côté, à tort.

En même temps, force est de constater qu’à chaque échange entre le monde de la chasse et le reste du monde, il s’agissait plus d’oppositions que de dialogues constructifs…

Chaque intervention extérieure au monde cynégétique se soldait par une restriction, une interdiction ou une réduction des périodes de chasse. Peu à peu, la chasse Française s’est sentie montrée du doigt, conspuée et maltraitée par les profanes alors qu’elle aurait dû être jugée sur des faits réels.

Comme le disent les anciens, « les plus agressifs envers la chasse et le monde rural n’ont vu qu’une seule fois de leur vie une vache, et c’était au salon de l’agriculture ».

Cette caricature n’est malheureusement pas si loin de la vérité dans de nombreux cas et la virulence dont nos détracteurs font preuve résulte souvent d’une totale méconnaissance du sujet. Des preuves de cette ignorance sont observées tous les jours et encore aujourd’hui, la SPA demande d’interdire la chasse à courre en utilisant comme visuel un cerf de Virginie… Pour eux au final comme sur les réseaux, il semble que peu importe la race, tant que l’on voit « une biche » à l’écran le tour est joué.

Le changement de cap des chasseurs.

Sous la présidence de Willy Schraen, les choses ont évolué et la communication est devenue plus présente. Preuve en est, un nouveau spot publicitaire pour la chasse est actuellement diffusé à la télévision, chose qui aurait été tout à fait impensable il y a encore une décennie ou deux.

Plus de communication veut dire plus de visibilité, pour nous comme pour nos opposants qui crient fort et inondent internet d’histoires farfelues et d’images détournées dans le but de faire passer le chasseur pour un assassin assoiffé de sang.

Mais pas seulement, car la plupart des gens ne se laissent pas manipuler et cherchent à comprendre les choses, ce qui permet d’expliquer pourquoi on chasse, comment on chasse, qu’est-ce qu’on chasse et quand on chasse.

Cela permet également d’expliquer que si les corbeaux et les pigeons prolifèrent, cela aura un impact sur les prix des denrées alimentaires, que si le renard pullule le petit gibier va forcément disparaître peu à peu et que des maladies comme la gale et l’échinococcose vont se diffuser, que si l’on ne régule pas le sanglier, les cultures seront ravagées, les accidents de la route vont se multiplier, etc.

Il est important également de montrer aux néophytes que la chasse, c’est avant tout le respect de l’animal prélevé. Qu’un chasseur préfèrera passer 3h à retourner le même champ pour y retrouver un gibier tué plutôt que de passer au suivant. Qu’on ne tire pas sur tout ce qui bouge comme bon nous semble et que des règles strictes et précises sont respectées.

La question du partage de la nature.

Au delà des questions relatives à la biodiversité, il est important de rappeler que l’un des arguments des anti-chasse est le partage de l’espace naturel entre tous les usagers. C’est un principe que les chasseurs ne contestent absolument pas. La preuve la plus parlante est que les chasseurs laissaient toujours jusqu’ici passer les joggers, les promeneurs, les cyclistes et autres ramasseurs de champignons sur leur terrains privés.

La fin de la phrase est des plus importante ici puisqu’il s’agit dans la grande majorité des cas de terrains privés. Un concept de terrain privé avec lequel les écologistes et les néo-ruraux ont beaucoup de mal. Ces derniers pensent, à tort, que la nature appartient à tout le monde.

C’est dans ce contexte que Yannick Jadot, candidat pour l’élection présidentielle pour le parti Europe Écologie Les Verts, propose d’interdire la chasse le week-end, les jours fériés et durant les vacances scolaires.

Pourtant, une telle interdiction réduirait drastiquement le terrain accessible au grand public qui se verrait obligé de se concentrer dans les parcs et espaces publics.

Pourquoi?

Parce que les personnes qui détiennent les terrains, par le droit de propriété ou par la location, ne permettront plus à tout le monde de profiter de leurs biens puisqu’on leur aura interdit de chasser. C’est aussi simple que cela, et cela a déjà commencé puisque dans certaines régions, des propriétaires posent dès maintenant des panneaux d’interdiction de passage pour les promeneurs.

Quelle est la solution?

Faut-il définitivement interdire la chasse? Faut-il que tout le monde devienne chasseur?

La réponse à ces deux questions est la même : non.

Sans parler des extrémistes qui veulent tout interdire, les usagers de la nature doivent apprendre à partager l’espace et à se respecter mutuellement. La chasse est une passion dévorante, un mode de vie, qu’aucun chasseur n’est prêt à abandonner et qui doit être transmis aux générations futures. C’est une activité qui doit être respectée au même titre que le vélo, la randonnée, l’équitation ou la simple promenade car tout le monde doit avoir la liberté de pratiquer sa passion sans craindre de se faire ennuyer ou pire, agresser.

Les chasseurs font de nombreux efforts à tous les niveaux pour améliorer toujours plus la sécurité à la chasse, pour expliquer la chasse au grand public, pour intégrer une démarche scientifique à leurs observations sur le terrain, etc.

Il faudrait que le grand public encourage cette démarche et commence a penser par lui même en cessant de voir la chasse à travers le prisme de partis politiques et d’associations pour lesquelles le clivage permanent est un fond de commerce. Cela permettrait de retrouver un certain équilibre qu’ont connu nos ainés et qui fonctionnait plutôt bien.

Il est certain que la chasse se modernise et peut vivre avec son temps. Le seul ingrédient manquant reste probablement la bienveillance à l’égard d’une chasse qui avance malgré les clichés.

Chasseur autodidacte depuis 19 ans, j'ai appris à me former et m'informer seul. Ce besoin de connaissances du monde de la chasse conjugué à un esprit espiègle m'ont assez naturellement conduit au journalisme cynégétique

4 Commentaires

  1. Stéphane Izorche
    Le monde moderne… C’est le monde ou les puces se battent entre elles pour savoir à qui appartient le chien sur lequel elles vivent…!!! Le monde ou les enfants se croient plus clairvoyants que leurs grands parents, le monde ou on s’émeut devant la dépouille d’un animal mais ou on présente des images de chars calcinées en criant « hip hip hip » ,sans penser une seconde aux troufions dont le corp a fusionné avec le métal parce qu’ils étaient, sans le savoir, dans un autre camp . Moderne vous dites …??!!

  2. Le problème c’est qu’il ne manque rien à la chasse qui n’a d’ailleurs pas à s’intégrer.
    Le souci ce sont les choses en plus: les vegans, les similis ecolos, les frustrés, les anti tout, les rêveurs bisounours.
    La chasse est un acte naturel et ancestral

    Le gros problème ce sont les gens qui non seulement sont contre la chasse mais qui en plus voudraient qu’on leur ressemble ( Dieu nous en garde)

    Alors il ne manque rien à la chasse sauf en être fier et répliquer avec les bonnes méthodes plutôt que faire des clips et donner des conseils de vote….

    Donc montons des associations anti verts, anti animistes, anti vegans, pu8sque c’est ça qui marche

  3. Que manque–til à la chasse pour mieux s’ intégrer dans le monde moderne ? La capacité à prendre en compte l’existence des non chasseurs, lesquels forment une majorité écrasante.

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