Test : une saison de chasse avec le Fabarm SDASS 2 chasse (pompe)

Par beber wild | 24 janvier 2018 à 10h37 16
Test : une saison de chasse avec le Fabarm SDASS 2 chasse (pompe)
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Bertrand, plus connu sous le pseudo Beber Wild, nouveau membre de l’équipe journalistique Chasse Passion a choisi pour son 1er article de nous parler du Fabarm SDASS 2, qu’il utilise depuis bientôt une saison complète. Un test plus que grandeur nature, qui, s’il ne vous décide pas à acheter un SDASS 2, vous ferra certainement changer d’avis sur les fusils à pompe (FAP).

Une déclaration d’amour

Il y a quelques mois, je reçois par la poste un grand carton noir rayé d’un calicot rouge marqué Fabarm. Je l’ouvre avec impatience, le montage des pièces est facile, carcasse d’un côté, canon de l’autre, peu de pièces, ça s’emboite aisément.

Disponible à l’achat avec un canon de 66, 71 ou 76 cm et un magasin de 7 coups + 1, le Fabarm « SDASS 2 chasse » (c’est son petit nom) est livré avec 3 chokes interchangeables HP permettant de tirer de la bille d’acier même en plein choke.

Garantie 5 ans (souvent étendue à 10 ou 15 ans en armurerie) il est disponible en full black ou en waterfowl pour la modique somme d’environ 1000€.

Bien qu’il soit composé de synthétique et d’acier et même s’il inspire d’emblée la même confiance que l’on peut avoir dans les modèles « maintien de l’ordre » que Fabarm sait aussi faire magnifiquement, nous avons clairement affaire ici à un fusil typé « chasse ».

Un objet sobre et léger, d’une impressionnante aisance d’utilisation que j’ai emmené partout avec moi ces derniers temps et qui à chaque fois m’a bluffé.

Tout d’abord, pourquoi un fusil à pompe pour chasser ?

En 2013, le nouveau décret de classement des armes à feu a modifié les règles d’usage des fusils à pompe à la chasse. Pour faire simple et ne pas revenir sur un sujet largement traité ailleurs, le FAP à canon lisse est classé en catégorie B ce qui interdit son usage à la chasse.

En revanche il est possible de chasser avec un FAP à canon rayé… le problème c’est que tirer de la grenaille avec un tel fusil aboutit à une grande dispersion des projectiles, l’utilisation du fusil à pompe est donc réservée habituellement au tir à balle.

Pourtant l’usage d’un fusil ayant une grande capacité de charge peut grandement intéresser le chasseur de gibier à plume… C’est la raison pour laquelle certaines marques ont créées des fusils à pompe à rayures dites « non dispersantes » permettant de tirer de la grenaille de plomb ou d’acier sans conséquences néfastes sur la gerbe.

Fabarm, marque de grand renom, connue pour la qualité de ses armes et particulièrement de ses FAP chasse et défense, a ainsi créé le « SDASS 2 chasse » dont les rayures presque droites et peu profondes permettent de tirer de la grenaille sans perte de la qualité de la gerbe.

Premières impressions

Le fusil monte bien à l’épaule, l’alignement avec la cible se fait naturellement, les swings sont simples et légers. Le départ ne souffre d’aucun problème et la légèreté du fusil est un vrai avantage pour les faibles corpulences. La longue bande ventilée continuant sur le dessus de la culasse terminée par un guidon en fibre optique rouge laisse peu de place aux erreurs de visées. L’action de pompe, qui dans un premier temps peut donner l’impression de retarder le deuxième coup, s’avère en fait un avantage. En effet elle oblige à reprendre sa visée empêchant de réitérer l’erreur qui nous a fait rater la cible précédemment. Il m’est ainsi arrivé à maintes reprises d’enchainer les loupés avec mon superposé, de le remplacer par le Fabarm et de voir les oiseaux tomber.

(Notez que la carcasse fraisée permet l’installation de différentes optiques, type lunette de hutte ou autre.)

De par sa légèreté et l’absence de récupération de l’inertie du tir, le recul est légèrement plus fort que sur un semi-auto, mais la large plaque de couche en caoutchouc permet au tir de rester confortable (Ma femme l’a essayé au ball-trap et me l’a immédiatement « emprunté ».)

Le pontet est large (il est ainsi facile de tirer avec des gants), à sa base on trouve le cran de sureté et à son extrémité la clef de déverrouillage de culasse permettant d’actionner la pompe de l’index quand le coup n’a pas été tiré.

Le tout est simple et très instinctif. Au bout de peu de temps on a l’arme bien en main et les différentes manipulations se font naturellement.

Une réserve de charge monstrueuse

La grande force de ce fusil repose bien sur sa grande capacité de charge. L’introduction des cartouches dans le magasin se fait aisément et passé les premiers tirs de rodage la fiabilité du mécanisme est parfaite. Que ce soit du petit plomb, de la grenaille d’acier ou de la grosse magnum bien lourde, le fusil avale tout.

Les erreurs viennent surtout au début du chasseur. Il m’est ainsi arrivé lors d’une levée d’étang d’utiliser mes trois premiers coups pour atteindre un colvert. Ravi de sauver la bredouille je le regarde enfin tomber, quand un joli chipeau s’engage à ma droite. Je lève mon fusil, vise et « clic »… rien ne se passe.

Le temps de réaliser que je n’ai pas réarmé la pompe, le canard est bien loin…

Je vous déconseille de changer de fusil dans la même journée…

(Après avoir chassé une journée avec le FAP, vous allez essayer de pomper sur votre superposé et ça ne fonctionnera pas très bien ; ça peut faire rigoler, mais ça m’est arrivé).

Sécurité et astuce

On le sait tous, un semi-auto est immédiatement prêt à tirer, c’est même son avantage. Ici, à contrario, sans action sur la pompe, le fusil est en sécurité.

De plus une petite astuce apporte à mon gout un niveau de sécurité supérieur.

La pompe du fusil est équipée d’un ressort de rappel qui permet de muscler le mouvement de rechargement, ce qui s’avère agréable à l’usage.

Cependant, malgré cet avantage j’ai préféré retirer ce ressort afin d’obtenir une mise en sécurité facilitée ainsi qu’une gestion plus aisée des différents types de cartouches en action de chasse.

Je m’explique : Tout d’abord, une fois le ressort retiré, la longuesse ne revient pas automatiquement en place. Ainsi après avoir tiré, il me suffit de ramener la pompe vers moi et de laisser la culasse ouverte pour que le fusil soit en parfaite sécurité. Je peux marcher en toute assurance et en toute transparence auprès de mes camarades de chasse (pas besoin de glisser une cartouche en travers de la culasse comme certains le font sur leur semi auto).

Dans un deuxième temps puisque la culasse reste ouverte, je peux  gérer aisément différents types de charge. Je peux ainsi au marais charger de la grenaille d’acier n°9 pour traquer les bécassines, avancer culasse ouverte en sachant qu’une simple action de la pompe me permettra de chambrer une cartouche, tout en étant prêt à approvisionner en grenaille de 4 si un canard se dérobe devant moi.

Petit bémol

Certes je ne l’ai pas ménagé, plongé dans la boue, passé des heures sous la pluie et pas forcément bien nettoyé en rentrant mais j’ai pu distinguer l’apparition de petites taches de rouille sur le fût du canon au bout d’un moment… Pareil pour les chokes, je ne les ai pas retirés et graissés, c’est une erreur. Un conseil : entretenez-le bien, le bronzage semble être son seul point de fragilité (mais c’est le lot malheureusement de beaucoup d’armes).

Pour finir

Pour finir et bien que ce ne soit pas sa destination première, j’ai emmené mon SDASS 2 (canon de 71cm) avec moi au stand de tir afin de voir comment il se comportait au tir à balle. Le groupement des balles est très bon, cependant mon fusil tire un peu en bas à gauche (ou peut-être est-ce moi ?). Ce n’est pas un problème jusqu’à 30 mètres, mais au-delà sans correction, il y a un risque de raté.

J’en ai profité pour tirer quelques cartouches de grenaille et le résultat a confirmé mes premières impressions, les gerbes sont en effet très belles.

Je l’ai aussi emmené à la palombière où j’ai pris grand plaisir à tirer de la cartouche XL de 50g (attention le recul plus fort et la munition plus longue peuvent entrainer un défaut de chargement si vous pompez mal. Probablement minoré si vous laissez le ressort de rappel de la pompe), à l’alouette où j’ai usé de munitions beaucoup plus légères, à la perdrix où il a été un vrai avantage pour les coups longs…

Mais c’est bien au marais qu’il m’a apporté le plus de satisfaction : à la passée du soir la possibilité d’avoir un nombre de coup très nettement supérieur à un semi-auto et la facilité de réapprovisionner conséquemment entre 2 vols est un véritable plaisir.

On aime

  • La grande capacité de charge
  • Le plaisir de la pompe
  • La robustesse et la simplicité
  • Les montage et démontage rapides
  • La simplicité de la mécanique
  • Le prix (1 175€ TTC)
On aime moins

  • La longuesse qui bouge un peu dans le rail
  • La sensibilité à la rouille
On adore

  • L’emmener aux canards ou aux corvidés

En bref et en résumé, quelque soit la raison qui vous donne l’envie d’acquérir ce fusil, que ce soit pour le plaisir de l’arme, sa robustesse, sa facilité d’utilisation, sa grande capacité de charge, ses magnifiques performances, je peux vous assurer que pour toutes les chasses où les occasions de tir se succèdent, comme par exemple aux corvidés, ce fusil vous ravira et que vous prendrez plaisir à chaque cliquetis de réarmement de la pompe.

»»» Plus d’informations sur le site Fabarm.fr

Test mis à jour le 24 janvier 2018

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