Caractéristique :

Le tétras-lyre est un Galliforme de taille moyenne, au dimorphisme sexuel important. Longueur du corps : coq 50-53 cm, poule 40-41 cm. Poids : coq 1,1-1,4 kg, poule 0,8-0,95 kg.

Plumage du coq noirâtre à reflets bleus métallique, sous-caudales blanches, bande alaire blanche, queue en lyre, caroncules rouges très développées au printemps. Plumage de la poule brun-gris barré de roux et de noir, queue légèrement échancrée.

La distinction entre jeunes mâles et jeunes femelles est possible à la fin de l’été, après l’apparition des premières plumes noires sur le dos et sur le cou des coqs .

A la différence des perdrix, les tarses emplumés et doigts sont munis en hiver de franges cornées qui favorisent les déplacements sur la neige.

Comportement et reproduction :

Le tétras-lyre est actif principalement en début et en fin de journée. La durée de ces deux phases d’activité est maximale au printemps quand les oiseaux, surtout les coqs, doivent consacrer du temps à la fois pour s’alimenter et pour parader.

En pleine saison de reproduction, les mâles commencent à chanter une demi-heure avant le lever du jour et peuvent demeurer pendant 4 à 5 heures sur l’arène. En hiver, l’activité des oiseaux est très réduite. Ils ne s’alimentent qu’une heure environ, le matin et le soir, passant la nuit et la plus grande partie de la journée sous la neige, pour limiter les déperditions de chaleur.

Certains individus sont sédentaires, occupant un espace vital annuel de 50 à 400 hectares. D’autres oiseaux effectuent une migration saisonnière, se déplaçant en automne et au printemps de 1 à 15 km entre leur zone de reproduction et leur zone d’hivernage.

Dans les Ardennes, les derniers oiseaux sont observés dans des tourbières, des landes marécageuses et des boisements clairs, entre 400 et 600 mètres d’altitude.

Dans les Alpes, le tétras-lyre occupe l’étage subalpin, entre 1400 et 2300 mètres. Il fréquente des milieux de transition semi-ouverts où s’imbriquent en mosaïque pelouses, landes, fourrés et boisements clairs.

Dans les Préalpes du Sud (Baronnies, Préalpes de Castellane, de Grasse…), le tétras-lyre est présent en versant nord, dès 700 à 800 mètres d’altitude. Il peut occuper des milieux « atypiques » variés : hêtraies sapinières, hêtraies à if, chênaies pubescentes…

tétras lyre

Ses exigences vis-à-vis de l’habitat sont particulièrement marquées en hiver et, pendant la période d’élevage des jeunes. Les nichées recherchent des faciès de végétation qui présentent un bon couvert au sol (de 25 à 50 cm de haut), riches en insectes : pelouses à laîche toujours verte, prairies à dactyle et à fétuque rouge, prairies à géranium et à fenouil des Alpes, landes à éricacées entrecoupées de touffes de graminées et de bouquets d’aulnes, pessières claires ou mélézins à sous-bois de graminées et/ou de géranium et/ou de myrtilles.

-En hiver, le tétras-lyre limite au maximum ses déplacements, en sélectionnant des milieux qui satisfont à la fois ses exigences de protection et ses besoins alimentaires : boisements clairs de mélèzes, de bouleaux, de sorbiers des oiseleurs ou de diverses essences de pins (pin à crochets de préférence), le plus souvent exposés au nord (neige poudreuse).
Espèce polygame, l’âge de maturité sexuelle des coqs est de 2 à 3 ans. Par contre, les poules se reproduisent dès l’âge d’un an. En moyenne : la ponte comporte 7,2 œufs, à la fin du mois d’août environ 40 % des poules mènent une nichée de 3,4 jeunes ; soit un indice de reproduction de 1,4 jeunes élevés par poule.

L’espérance de vie peut atteindre 10 ans. Le taux de survie annuel est de 60 à 68 % pour les adultes. Le taux de survie des jeunes entre la mi-août et le mois de mai est de l’ordre de 65 %.

Alimentation :

L’adulte se nourrit essentiellement de végétaux, mais recherche parfois des petits invertébrés . En hiver, si les strates arbustives et herbacées sont recouvertes par la neige, l’oiseau peut subsister avec un régime alimentaire composé de rameaux de mélèze (Larix decidua) ou d’aiguilles et bourgeons de conifères (pin à crochets Pinus montana, arolle P. cembra, pin sylvestre P. sylvestris, sapin Abies alba).

Il peut assimiler ces aliments ligneux grâce à la transformation de la cellulose par la faune bactérienne dans ses caeca.

En hiver il s’alimente également de bourgeons de rhododendron (Rhododenron ferrugineum), de rameaux de genévrier nain (Juniperus communis ssp. nana) et de myrtille (Vaccinium myrtillus) tant qu’ils sont accessibles. Au printemps il ajoute à ce régime alimentaire des fleurs et des jeunes aiguilles de mélèze, des pousses et des fleurs de plantes herbacées et quelques fourmis rousses.

En été il préfère les fleurs de composées et de trèfles, les akènes de renoncule (Ranunculus montanus) ou autres fruits secs et les baies, en particulier de myrtille. En automne, baies et fruits secs sont recherchés.

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