Plusieurs milliers d’agents publics de l’environnement ont débrayé le 11 juin 2026. Derrière ce mouvement social, une décision gouvernementale qui suscite autant d’inquiétude que de colère dans ces établissements : la suppression programmée d’un cadre statutaire que ces contractuels avaient mis des décennies à obtenir.
Un statut protecteur sur le point de disparaître au 1er janvier 2028.
Pour comprendre l’enjeu, un peu de contexte s’impose.
Dans la fonction publique, il existe deux grandes catégories d’agents : les fonctionnaires, avec un statut garanti par l’État, et les contractuels, recrutés sous contrat.
Ces derniers bénéficiaient depuis 2007 dans les agences de l’eau, puis depuis 2017 à l’OFB et dans les parcs nationaux, d’un régime intermédiaire qui est appelé le « quasi-statut ».
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Concrètement, cela leur permettait d’évoluer dans leur carrière selon des grilles comparables à celles des fonctionnaires, avec des échelons et des grades, plutôt que d’être soumis à la négociation individuelle de leur contrat et de leur salaire.
Le 27 mai 2026, le ministère de la Transition écologique a annoncé la fin de ce dispositif au 1er janvier 2028 et les contractuels déjà en poste verront leur régime indemnitaire révisé dans des conditions encore floues.
Ceux qui seront recrutés après cette date basculeront vers des contrats de droit privé, sans les garanties collectives actuelles.
Au total, ce sont 1 113 agents de l’Environnement couverts par le « quasi-statut » et 1 314 des agences de l’eau qui sont directement concernés.
Des agents qui craignent précarisation, licenciements et démantèlement progressif de leurs établissements.
Les syndicats CGT environnement, CGT Agences de l’eau, Sne-FSU et CFE-CGC ont appelé à la grève et leurs arguments méritent qu’on s’y arrête.
Selon des estimations réalisées en interne, un agent recruté après 2028 pourrait toucher entre 20 et 40 % de moins qu’un collègue sous « quasi-statut » au terme d’une vingtaine d’années de carrière.
Dans des établissements où les contractuels représentent parfois 80 à 85 % des effectifs, comme dans certaines agences de l’eau, la portée de la réforme est considérable.
La peur va plus loin que la baisse de salaire puisque basculer vers des contrats de droit privé, c’est aussi s’exposer à des licenciements que le « quasi-statut » rendait jusqu’ici beaucoup plus difficiles.
Certains agents redoutent également d’être rattachés à d’autres corps de l’État, avec à la clé une perte de sens dans leurs missions.
Les grévistes voient aussi dans cette réforme un signe supplémentaire d’un désengagement progressif de l’État vis-à-vis de ses établissements environnementaux.
L’OFB fait déjà l’objet de critiques politiques récurrentes, l’Ademe est menacée de démantèlement et les agences de l’eau perdent des acquis sociaux depuis plusieurs années.
Le gouvernement, lui, présente la réforme comme une nécessaire revalorisation des rémunérations mais les agents de l’État, eux, n’ont pas du tout la même lecture du dossier.










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