Les 3 et 4 octobre, les Fédérations des chasseurs du Cantal et de la Haute-Loire déploieront environ 800 participants sur quelque 70 000 hectares pour la 24e édition du comptage interdépartemental du cerf. Pendant deux jours, les chasseurs laisseront leur arme au râtelier pour recenser une population dont l’histoire locale a commencé avec seulement quatre animaux.
Une population partie de presque rien il y a soixante ans.
Tout remonte à 1966, lorsqu’un mâle et trois femelles venus de Chambord sont relâchés à Ferrières-Saint-Mary, dans le Cantal, sur un territoire où l’espèce ne subsistait plus qu’à l’état relictuel.
Protégés plusieurs années par l’absence d’ouverture puis par des attributions volontairement modestes, les animaux ont si bien prospéré que le cerf occupe aujourd’hui tout le Cantal et la moitié ouest de la Haute-Loire.
Comme les hardes se moquaient visiblement des limites administratives, les deux Fédérations ont choisi dès 1995 de gérer ensemble l’Alagnon, rejointes depuis par la Corrèze, la Creuse et l’Ardèche, qui restent associées à cette édition.
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Quelque 800 observateurs postés à l’aube et au crépuscule.
Ce grand comptage repose sur l’observation directe des animaux autour des places de brame et c’est bien ce principe qui explique une telle mobilisation.
Pour couvrir 70 000 hectares, le massif est découpé en secteurs d’une centaine d’hectares au maximum, sur lesquels les observateurs doivent mener trois séances consécutives, de 6h30 à 9h puis de 17h30 à 20h.
On comprend vite que les Fédérations des Chasseurs de Haute-Loire et du Cantal mobilisent près de 800 personnes pour quadriller un tel territoire, et les Fédérations ont donc ouvert l’opération bien au-delà des seuls porteurs de permis.
Forestiers, agriculteurs, étudiants et professionnels de l’environnement rejoindront ainsi les chasseurs locaux, dont la connaissance des coulées et des places de brame reste indispensable pour placer tout ce monde au bon endroit.
Chacun devra noter avec rigueur cerfs, biches, bichettes et faons, car un mâle agité peut facilement être aperçu depuis plusieurs postes, ce qui complique encore le comptage.
Toute action de chasse sera d’ailleurs interdite sur la zone pendant ces deux jours afin de garantir la tranquillité des animaux.
Les chiffres obtenus compléteront alors l’écoute du brame et les comptages au phare réalisés chaque année, avant de nourrir le plan de gestion à points qui encadre les prélèvements.
















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