L’Outarde canepetière (Tetrax tetrax), qui avait disparu de la plaine de l’Ain en tant qu’espèce reproductrice au cours des années 1980, est aujourd’hui au cœur d’un vaste projet de restauration écologique. Depuis 2025, plusieurs opérations de réintroduction sont menées sur le camp militaire de La Valbonne, dans le cadre du programme européen LIFE La Valbonne, initié en 2019. Ce dispositif est piloté par le ministère des Armées avec l’appui du Conservatoire d’espaces naturels Rhône-Alpes et de la Fédération départementale des chasseurs de l’Ain.
Autrefois commune dans les grandes plaines agricoles françaises, l’Outarde canepetière a vu ses effectifs s’effondrer au fil des décennies. L’évolution des pratiques agricoles, la régression des espaces ouverts et le morcellement des habitats ont progressivement conduit l’espèce au bord de la disparition. Désormais, seules quelques populations subsistent dans l’ouest du pays ainsi qu’autour du bassin méditerranéen. Dans l’Ain, sa présence n’était plus attestée que par de rares observations ponctuelles.
Le retour de l’espèce s’appuie sur un site aux caractéristiques exceptionnelles. Avec près de 1 600 hectares, le camp de La Valbonne abrite l’un des plus importants ensembles de pelouses sèches steppiques de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Préservés de l’urbanisation et des pratiques agricoles intensives grâce aux activités militaires, ces milieux accueillent une faune et une flore particulièrement riches, parmi lesquelles plus de 150 espèces d’oiseaux. Plus de 1 100 hectares bénéficient en outre d’un classement au sein du réseau Natura 2000.
Doté d’une enveloppe dépassant 4,5 millions d’euros, le programme LIFE La Valbonne poursuit un objectif global de restauration des écosystèmes du camp tout en maintenant son utilisation militaire. Ses actions se concentrent notamment sur la remise en état de 700 hectares de pelouses sèches, la réhabilitation des anciennes lônes du Rhône et le renforcement de la qualité écologique des zones forestières.
Le retour de l’Outarde canepetière constitue l’une des mesures les plus emblématiques de ce programme. La démarche associe d’une part un important travail de restauration des habitats favorables et, d’autre part, des lâchers d’individus destinés à reconstituer une population pérenne. Au-delà de la sauvegarde d’une espèce emblématique des milieux ouverts, cette initiative entend démontrer qu’un terrain militaire peut également jouer un rôle majeur dans la préservation de la biodiversité.
Cette réintroduction s’inscrit enfin dans le cadre du Plan national d’actions 2019-2028 dédié à l’Outarde canepetière. Elle représente aujourd’hui l’un des projets les plus ambitieux conduits en France pour assurer la conservation de cette espèce menacée.









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3 réflexions sur « Outarde canepetière : un ambitieux programme de réintroduction dans l’Ain »
Bonjour
cette année le4 juin exactement quelle ne fut pas ma surprise devant ma voiture sur une petite route une couvée de outardes canepetières ,7 petits couraient sur la route devant ma voiture avant de s’arrêter en bordure d’un champ ce colza .Les parents sont arrivés me survolant avant de se poser a proximité dans un champ de poids. J,ai 78 ans c’est la première foi que je vois une telle chose surtout que les outardes sot très rares chez nous. j’ai des photos sur mon téléphone .
J’habite a Montaigu dans l’Aisne 02820 1 chemin du grand routy
Ministère des Armées, Conservatoire des espaces naturels Rhones-Alpes, Fédération des chasseurs de l’Ain pour un projet de réintroduction d’un oiseau tellement emblématique « L’outarde canepetière ». Personnellement, je n’en ai vu qu’en Centrafrique lors d’un séjour professionnel.
Mais dites moi, je n’ai pas entendu « Ligue de Protection des Oiseaux »! Il est vrai que la ligue ne peut pas tout faire. Actuellement, ils sont plutôt occupés à expliquer pourquoi ils soutiennent encore la politique de l’énergie éolienne. En effet, un Milan Noir a été retrouvé coupé en eux au pied d’un grand moulin ce qui a fait bondir d’autres protecteurs. Pour justifier leur idéologie de l’électricité verte, la LPO explique oui à l’éolien mais pas contre la biodiversité. Ce n’ est pas comme si, certains cadre de la LPO n’avait pas été embauchés sur des postes de compagnie d’exploitation de l’éolien.
Il faudra faire attention à ce que les outarde qui vont bénéficier de ce programme ne finissent pas hachées lors de leur migration, comme ce Milan et les milliers d’autres oiseaux et chauve-souris déjà victimes.
Bonjour,
Pour répondre à cette bonne remarque, oui la LPO est partenaire de ce projet particulièrement pour le suivi des individus bagués et comprendre leur fonctionnement. Partenaire au même titre que le Parc des Oiseaux de Villars-les-Dombes qui a joué un grand rôle dans l’éclosion puis l’élevage des jeunes avant relâcher. Tout comme l’aéroport de Marseille Provence déterminant dans la récolte d’œufs + diverses instances scientifiques impliqués dans les validations du projet, etc.
L’article mentionne à juste titre les trois bénéficiaires du projet life, impliqués sur diverses actions dont le renforcement de population d’outarde. Chaque partenaire a son rôle, celui de la LPO est important et, pour l’instant, le projet a vu quelques pertes de jeunes outardes, non pas à cause d’une éolienne mais à la prédation naturelle (dont l’une par un grand-duc).
Pascal – Conservatoire d’espaces naturels Rhône-Alpes