Le silure change de statut réglementaire dans deux grands bassins Français. Sur le terrain, la pratique de la pêche change peu mais dans les Fédérations, la contestation continue tandis que le monde de la chasse observe le dossier avec attention.
Ce que le texte modifie, et ce qu’il laisse intact.
Publié au Journal officiel le 10 juin, le décret n°2026-464 du 8 juin 2026 fait entrer le silure glane dans la catégorie des espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques, sur les bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne.
À eux deux, ces bassins couvrent une bonne moitié du territoire métropolitain avec environ un cinquième pour l’Adour-Garonne, qui suit la ligne de partage des eaux entre versants atlantique et méditerranéen, et 28 % pour le Loire-Bretagne, qui englobe la Loire et ses affluents ainsi que les bassins côtiers bretons et vendéens.
Pour les pêcheurs, le texte implique peu de changements dans l’immédiat.
La pêche du silure, sa consommation, les photos et la remise à l’eau restent autorisées sans restriction nouvelle.
Le décret modifie en réalité une seule variable : la remise à l’eau doit désormais être immédiate, sans passage par bourriche, vivier ou sac de conservation.
Le transport de silures vivants et leur introduction dans un autre cours d’eau sont également interdits, sous peine d’une amende pouvant atteindre 9 000 euros.
Le gouvernement insiste sur le fait que ce classement ne fait pas du silure une espèce nuisible, il vise seulement à faciliter des prélèvements ciblés dans les secteurs où la prédation sur les poissons migrateurs, saumons, aloses, lamproies, pose problème, notamment près des ouvrages hydrauliques et des zones de reproduction.
Des Fédérations de pêche qui dénoncent un bouc émissaire.
Du côté des pêcheurs, l’accueil est loin d’être unanime.
La Fédération Départementale de Pêche du Lot a publiquement critiqué une décision prise, selon elle, sans concertation suffisante avec les acteurs de terrain.
Il est impensable selon elle de faire porter au silure seul la responsabilité du déclin des poissons migrateurs, ce qui revient à ignorer des causes identifiées depuis longtemps comme les barrages, la dégradation des habitats, les prélèvements d’eau ou le dérèglement climatique.
La Fédération va plus loin en s’appuyant sur ses propres observations de terrain, qui n’auraient révélé aucun déséquilibre majeur dans la chaîne alimentaire locale. Elle compare le régime du silure à celui du brochet et rappelle que l’espèce reste relativement récente dans le Lot, ce qui rendrait tout jugement définitif prématuré.
Pour la Fédération, la gestion des milieux aquatiques doit s’appuyer sur la science et l’observation de terrain, pas sur des perceptions ou des pressions idéologiques.
La Fédération de Pêche du Rhône a formulé des réserves similaires.
Le monde de la chasse aussi concerné mais sans position nationale tranchée.
Le silure ne préoccupe pas que les pêcheurs. Plusieurs Fédérations Départementales des Chasseurs, notamment celles du Nord et de la Somme, s’étaient déjà positionnées en faveur d’un classement du silure parmi les espèces susceptibles de provoquer des déséquilibres biologiques, pointant son impact sur le gibier d’eau et les appelants.
La voracité du poisson a régulièrement été évoquée comme un facteur pouvant peser sur certaines populations, comme le milouin.
Pour autant, la Fédération Nationale des Chasseurs n’a pas pris de position officielle sur ce dossier à l’échelle nationale.











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