Chamois et isard sont deux formes géographiques, légèrement différentes du point de vue morphologique, de la même espèce. L’isard, ou chamois des Pyrénées, est plus petit et plus gracile que le chamois des Alpes; il est d’une teinte plus fauve en été et moins noire en hiver; ses cornes sont plus fines, moins hautes et plus serrées. L’un et l’autre ont des mœurs identiques et se chassent de la même manière.

Caractéristique :

Le chamois est un ongulé admirablement constitue pour vivre en montagne : sa taille est modeste (70-85 cm au garrot), sa poitrine large, ses membres robustes. Un male fort pèse généralement de 35 a 45 kg, mais on peut en voir qui dépassent 55 kg; la femelle pèse en moyenne 10 kg de moins que le male.

Le chamois est armé d’une paire de cornes dont la forme permet de ne le confondre avec aucun autre ruminant. D’une hauteur moyenne de 15 a 18 cm, elles sont noires et se terminent par un crochet recourbe en arrière et a L’apex acéré, tout a fait caractéristique. Les cornes des males sont plus épaisses, plus écartées, avec un crochet plus prononce que celles des femelles. Pendant les mois d’été, le chamois porte une robe d’un beige plus ou moins fauve. Après la mue d’automne, II est d’un noir splendide, avec une fourrure épaisse et de très longs poils au niveau du garrot, les jarres, au «reif» blanc; celles-ci constituent un trophée recherche dans les pays de langue allemande : le «Gamsbart».

Au printemps, une seconde mue fait tomber la livrée hivernale, et la bête perd son élégance : pendant 2 ou 3 mois, son pelage est fripé, décoloré, d’un gris roussâtre. Les 2 sexes, ont, derrière les cornes, 2 glandes qui, au moment du rut, augmentent considérablement de volume, surtout chez les males, et fondent en secrétant un sébum odorant; leur fonction est d’ordre génital.

Le chamois de la Chartreuse (Rupicapra r. cartusiana), originaire de ce massif, est une forme de grande taille, aux membres courts, a forte denture, d’un poids élève, aux cornes serrées et aplaties transversalement au niveau de la courbure. Introduit dans les Vosges en 1956, son développement donne toute satisfaction, et sa chasse, très réglementée, y est autorisée dans un but de sélection depuis 1975.

Comportement et reproduction :

Le chamois habite aussi bien les rochers que les forets, et sa répartition en altitude est comprise entre 1500 et 2500 m. Certains sujets, dits «de foret», sont plus trapus que leurs congénères dits «de rocher» ou «de glacier». Toutefois, pendant I’hiver, presque tous se réfugient, a basse altitude, en foret.

chamois isardMéfiance, agilité, vigueur, telles sont les trois qualités du chamois; elles sont servies par des sens très efficaces, dont I’odorat est de loin le meilleur. Inquiet ou seulement intrigue, le chamois émet par les naseaux un chuintement, appèle a tort sifflement, qui le signale au chasseur, auquel sans cela il échapperait bien des fois.

Le matin et le soir, le chamois broute; il passe le plus clair de la journée couché a l’abri du soleil, qu’il redoute, alors que froid, vent, pluie, neige, orages, brouillard ne l’incommodent point.
Chamois et isards sont des animaux grégaires. Les femelles sont accompagnées de leur dernier-né, parfois aussi de celui de l’année précédente, plus rarement d’un male de plus de deux ans. En dehors des périodes de rut, les males adultes et les vieux boucs vivent en solitaires, dans un espace vital bien défini.

L’époque du rut se situe en novembre dans les Alpes, un peu plus tôt dans les Pyrénées et les massifs subalpins. Le chamois est polygame. Les males adultes se livrent des combats acharnes. Les femelles sont saillies pour la première fois a I’age de 18 a 19 mois. La gestation dure de 160 a 170 jours. Le 1er juin est la date moyenne des mises bas. La femelle met au monde un petit, rarement des jumeaux. Quelques jours après sa naissance, le chevreau peut suivre sa mère dans le territoire qu’elle lui a choisi. Les femelles stériles sont appelées bréhaignes. Deux erreurs très répandues : d’abord, il n’y a jamais de sentinelle a laquelle est dévolu le rôle de surveiller et de protéger le troupeau; ensuite, jamais une harde n’est conduite par un male, fut-il vieux

Alimentation :

Le chamois se nourrit de l’herbe des pâturages et affectionne les gazons épars, qui, dans les Alpes, s’accrochent aux rochers jusqu’a 2700 m. Il a une préférence pour le trèfle des Alpes, improprement appelle «réglisse» dans les Pyrénées. L’hiver, en foret, il se contente de plantes sèches, de feuilles de lierre et de ronces, des rameaux de nombreux arbustes, notamment des saules nains; enfin, quand la neige l’empêche de se déplacer, il s’en prend, en dernière ressource, à l’écorce des arbres et aux aiguilles de conifères, qui ne manquent jamais.

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