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La régulation des ESOD (nuisibles) coûterait jusqu’à huit fois plus cher que leurs dégâts, selon une étude

martre
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Une étude scientifique publiée le 9 mars 2026 dans la revue Biological Conservation affirme que la destruction des espèces dites « susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD) serait coûteuse et inefficace. Portée notamment par des chercheurs du Muséum national d’histoire naturelle et de l’University of the West of England, elle s’appuie sur l’analyse des données administratives françaises entre 2015 et 2022, période durant laquelle plus de 12,4 millions d’animaux appartenant à une dizaine d’espèces classés ESOD ( renards, fouines, martres, corvidés ou étourneaux) ont été tué, soit environ 1,7 million par an.

Selon ses auteurs, l’intensité des opérations de régulation n’aurait pas d’effet mesurable sur les dégâts déclarés par les activités humaines. L’étude avance également que le coût économique de ces destructions pourrait être jusqu’à huit fois supérieur aux dommages imputés à ces espèces, estimés entre 8 et 23 millions d’euros par an, contre 21 à 123 millions d’euros pour les opérations de destruction selon les scénarios retenus.

Ces conclusions ont rapidement été relayées par plusieurs médias et organisations environnementales, certains y voyant la preuve que la politique française de régulation, et donc de chasse, serait inefficace. Pourtant, une lecture attentive de la publication et de la méthodologie employée invite à la prudence.

Le travail des chercheurs repose principalement sur deux types d’informations collectées par l’administration : le nombre d’animaux détruits et les montants des dégâts déclarés dans chaque département. Ces données sont ensuite croisées statistiquement afin de déterminer si l’intensité de la régulation influence l’évolution des dommages d’une année sur l’autre.

Mais ce choix méthodologique soulève déjà une première limite : les dégâts pris en compte sont uniquement ceux qui font l’objet d’une déclaration officielle. Dans de nombreux cas, notamment pour les prédations ponctuelles, les pertes agricoles ou les nuisances en zone urbaine, les dommages ne sont ni systématiquement signalés ni toujours quantifiables économiquement.

Autrement dit, l’étude compare un coût théorique à une estimation partielle des dégâts réels.

L’évaluation économique avancée par les auteurs repose également sur des hypothèses discutables. Pour calculer le prix moyen d’une opération de régulation, les chercheurs prennent par exemple l’hypothèse d’un chasseur se déplaçant sur une dizaine de kilomètres, utilisant deux cartouches et consacrant environ une heure à l’opération.

Or, sur le terrain, une grande partie de ces interventions est réalisée par des chasseurs ou des piégeurs bénévoles, qui financent eux-mêmes leurs permis, leur matériel et leur temps. Les montants avancés dans l’étude correspondent donc davantage à un coût théorique (celui d’une intervention rémunérée) qu’à une dépense réelle supportée par la collectivité.

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Dans de nombreux territoires ruraux, la régulation des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts repose en effet sur un réseau d’acteurs locaux : chasseurs, piégeurs agréés, agriculteurs ou gardes particuliers. Sans cette mobilisation volontaire, les collectivités devraient recourir à des structures professionnelles ou à des services publics spécialisés, ce qui représenterait un coût sans doute bien supérieur, voir proéminant

Autre point de débat : l’étude agrège dans ses analyses des espèces aux comportements et aux impacts très différents.

Les corvidés (corneilles, corbeaux, pies) peuvent provoquer des dégâts sur les semis ou les cultures. Le renard est régulièrement impliqué dans des attaques de volailles et peut être vecteur de maladies comme l’échinococcose. Les mustélidés, comme la fouine ou la martre, posent davantage de problèmes dans les bâtiments ou les élevages. Il semble aussi que le sanglier soit totalement exclu des prise en compte, ce qui en terme de coût impacte sévèrement la balance !

Le renard fait parti de la liste des ESOD, à bien des égards

En regroupant ces espèces dans une analyse globale, il devient difficile de tirer des conclusions opérationnelles pour la gestion concrète des populations animales. D’ailleurs, les propres auteurs reconnaissent que des interventions ciblées peuvent réduire les dégâts à l’échelle locale, par exemple lors des semis agricoles ou sur une parcelle particulière.

Enfin, l’étude se fonde presque exclusivement sur des bases de données administratives. Les témoignages d’agriculteurs, d’éleveurs ou de gestionnaires de territoires ruraux pourtant directement confrontés aux dégâts ne semblent pas avoir été intégrés dans l’analyse.

Dans de nombreuses régions, La régulation des espèces classées ESOD s’inscrit dans une gestion plus large de la faune sauvage : protection des élevages, prévention des dégâts agricoles, mais aussi équilibre entre prédateurs et petit gibier. Les acteurs de terrain rappellent régulièrement que l’absence totale d’intervention peut entraîner, localement, des situations de déséquilibre difficiles à gérer.

La publication dans Biological Conservation constitue la première tentative d’évaluation nationale de la politique française de régulation des ESOD. À ce titre, elle apporte des éléments intéressants au débat. Mais ses conclusions, largement reprises dans l’espace médiatique, reposent sur des hypothèses et des données qui ne reflètent qu’une partie de la réalité et servent surtout les lobbys anti-chasse qui trouvent dans cette étude un énième moyen de discréditer la chasse à grand renfort de titres racoleurs.

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