L’Assemblée nationale a adopté plusieurs mesures destinées à renforcer la protection des élevages confrontés à la prédation du loup, dans le cadre de l’examen du projet de loi d’urgence agricole. Les députés ont validé un assouplissement significatif des règles encadrant les tirs de défense ainsi qu’un relèvement du plafond annuel de prélèvement de l’espèce.
Le texte prévoit désormais de porter le plafond de destruction autorisée de 19 à 21 % de la population estimée de loups présents sur le territoire national, avec une possibilité d’extension jusqu’à 23 % en cas de nécessité particulière. Selon les chiffres avancés par le gouvernement, cette évolution permettrait le prélèvement d’environ 227 individus, contre 192 auparavant, sur une population estimée à près de 1 082 loups.
Cette mesure s’inscrit dans un contexte de progression continue de la présence du prédateur sur le territoire français depuis le retour naturel du loup au début des années 1990. Aujourd’hui, l’espèce est principalement implantée dans les massifs alpins, mais sa présence s’étend progressivement vers le Massif central, les Vosges, le Jura et plusieurs zones de plaine.
Par ailleurs, les députés ont adopté un amendement autorisant, sous certaines conditions, l’utilisation de dispositifs de visée nocturne ou thermique dans le cadre des tirs de défense réalisés par les chasseurs et les éleveurs. Cette disposition, soutenue par plusieurs élus ruraux, a toutefois suscité des réserves du ministère chargé de la Transition écologique, qui a évoqué des enjeux liés à la sécurité publique et au risque de dérive dans l’usage de ces équipements.
Le texte simplifie également les démarches administratives applicables aux tirs de défense concernant les bovins et les équins. Jusqu’à présent soumis à un régime d’autorisation préalable, ces tirs relèveront désormais d’un système déclaratif, déjà en vigueur pour les élevages ovins, sous réserve du respect des conditions réglementaires existantes.
Un amendement porté par Christophe Bentz, député Rassemblement National de la circonscription de Chaumont-Langres (Haute-Marne), a également été adopté contre l’avis du gouvernement. Celui-ci prévoit que le tir de défense soit présumé légitime en cas d’attaque imminente ou d’intrusion manifeste d’un loup dans une exploitation, sans nécessité d’autorisation préalable ni de récépissé administratif. Une constatation a posteriori des faits devra néanmoins être réalisée.
Au cours des débats, le gouvernement a justifié ces évolutions par l’augmentation des dommages liés à la prédation. Selon les données communiquées dans l’hémicycle par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, 4 400 attaques ont été recensées en 2025, soit une hausse de 8 % par rapport à l’année précédente, entraînant la mort ou la blessure d’environ 12 500 animaux domestiques.
Plusieurs groupes parlementaires de gauche et écologistes ont vivement contesté ces mesures. Les députés concernés estiment qu’elles relèvent davantage d’un affichage politique que d’une réponse efficace aux difficultés des éleveurs. Ils plaident au contraire pour un renforcement des moyens de protection des troupeaux, notamment via le financement des clôtures, des chiens de protection et de la présence humaine dans les exploitations pastorales.
Les associations de défense de l’environnement ont également exprimé leurs inquiétudes, rappelant que le loup demeure une espèce protégée au niveau européen au titre de la convention de Berne et de la directive Habitats. Elles craignent qu’un relèvement des quotas de prélèvement ne compromette l’état de conservation favorable de l’espèce en France.
Le gouvernement affirme pour sa part rechercher un équilibre entre la préservation du loup et la protection des activités d’élevage dans les territoires ruraux. L’exécutif défend une approche qualifiée de « pragmatique », visant à répondre à la détresse exprimée par de nombreux éleveurs confrontés à la multiplication des attaques.
Le projet de loi doit désormais poursuivre son parcours parlementaire avant son adoption définitive.










![[Vidéo] Un brocard avec une tête quelque peu surprenante](https://www.chassepassion.net/wp-content/uploads/2026/07/brocard-probleme-machoire-compressed.jpg)







6 réflexions sur « L’Assemblée nationale facilite le tir des loups »
Bonne nouvelle et normal
Ce n’est pas sérieux. l’OFB minimise volontairement le nombre de loups en France.Rein que dans ma Région, la Provence nous sommes certainement à plus de 1000 loups. Je chasse sur le camp militaire de Canjuers, la rencontre avec les loups est permanente en battues. La densité de sangliers a chuté drastiquement ( 600 sangliers tués en 2010, 150 en 2025). Sur ma propriété aux portes d’Aix en Provence les loups ont décimé chevreuils et sangliers. Je trouve régulièrement des morceaux. Récemment ma Teckel m’a ramené une tête de petit sanglier, aux abords de ma maison. Hier un voisin a rencontré 4 loups sur une piste à Saint Marc Jaumegarde ( commune voisine d’Aix). Une carcasse de mouflon a été trouvé à Vauvenargues. Ces 2 communes sont sur le massif du Concors-Sainte Victoire, aux portes d’Aix. Je n’ose plus me promener dans mes bois avec ma Teckel, l’année dernière un petit chien a été tué par 2 loups. Alors les écolo-gaucho en chambre feraient mieux de se taire.
Enfin un député qui soutient les éleveurs mais cette loi va se heurter au conseil d’état ancré à gauche qui l’abrogera
À chaque fois il est question de l’état de conservation du loup en France ! Au regard du réchauffement climatique rien n’empêche cette espèce de se déplacer d’un pays à l’autre : sur ce principe l’état de conservation devrait être revu dans son ensemble . Je suis pratiquement certain que l’espèce est en très bonne santé indépendamment des frontières . De ce fait les quotas de prélèvements sont sous estimés
J’attendais un article de votre part sur cette louve qui a été capturée accidentellement en Normandie et relâchée dans les Alpes (comme si il n’y en avait déjà pas assez dans cette région). Donc le loup est revenu naturellement en France! Je sais que deux mondes s’affrontent à ce sujet, mais bon, cela n’avancera plus à rien maintenant d’essayer de démontrer l’affaire du Mercantour, puis la progression à pas de géant dans les régions de plaines. Je serai curieux de savoir si l’OFB a effectué un travail de recensement des parcs à loups (car vous savez le travail de terrain comporte la recherche du renseignement, ce qui permet d’assurer sa mission. Je crois que la recherche du renseignement n’est orientée que vers les chasseurs), vérifié si la réglementation était respectée et surtout d’essayer de connaître les loups détenus dans des enclos appartenant à des privés. Cela existe; il y a quelques années j’ai eu l’occasion de croiser une dame qui désirait changer de région et qui cherchait un endroit où elle pouvait s’installer avec quelques loups.
Pour finir, pour le contrôle de l’abattage des loups par rapport au quota autorisé, je suis surpris que l’on exige pas l’application « Chassadapt » ça faciliterait le décompte. Aller, je vous taquine! 😉
Bonne intervention du député RN..