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Randonnée en montagne : pourquoi la rencontre entre les chiens des promeneurs et les patous est de plus en plus compliqué

Avec les vacances, les sentiers de montagne retrouvent leur lot de randonneurs, souvent accompagnés de leur fidèle compagnon à quatre pattes. Mais cette pratique, de plus en plus populaire, se heurte à une réalité bien connue des éleveurs : la présence des patous, ces chiens de protection chargés de défendre les troupeaux contre les prédateurs. Une cohabitation qui, malgré les campagnes de sensibilisation, reste délicate.

Le patou, ou chien de montagne des Pyrénées, n’est pas un chien de conduite mais un gardien. Son rôle consiste à dissuader toute menace susceptible de s’approcher du troupeau, qu’il s’agisse d’un loup, d’un renard ou… d’un chien de randonnée. Pour lui, un chien inconnu représente un potentiel danger, bien plus qu’un simple promeneur.

C’est précisément là que naissent la plupart des incidents. Lorsqu’un randonneur traverse un alpage avec son chien, même tenu en laisse, le patou perçoit souvent cette présence comme une intrusion. Il peut alors s’approcher rapidement, aboyer avec insistance, voire chercher à repousser l’animal. Une attitude impressionnante qui génère parfois de la peur chez les propriétaires. J’ai moi même vécu cela et il faut admettre que c’est impressionnant, l’espace d’un instant j’ai eu peur pour ma fidèle Dakar, même si tout s’est bien fini. Les patous n’ont fait que leur travail….

Paradoxalement, tenir son chien en laisse n’est pas toujours la solution la plus simple. Un chien attaché ne peut ni adopter une posture d’apaisement ni s’éloigner naturellement du patou. Il risque alors de se sentir acculé et de réagir par des aboiements ou de l’agressivité, ce qui renforce encore la vigilance du chien de protection. À l’inverse, laisser son chien divaguer constitue une infraction dans de nombreux espaces naturels et augmente considérablement le risque d’interaction avec les troupeaux.

Les éleveurs rappellent que les patous sont devenus indispensables dans de nombreuses régions françaises où le retour du loup a profondément modifié les pratiques pastorales. Sans ces chiens, les attaques sur les ovins seraient bien plus nombreuses. Leur présence est aujourd’hui considérée comme un maillon essentiel de la protection des troupeaux.

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De leur côté, les randonneurs expriment souvent leur incompréhension. Beaucoup découvrent les patous pour la première fois et ne savent pas comment réagir lorsqu’un chien de plusieurs dizaines de kilos fonce vers eux en aboyant. Les comportements de panique – courir, crier ou tenter de repousser le chien – ne font généralement qu’aggraver la situation.

Les spécialistes recommandent quelques règles simples. Avant de partir en randonnée, il est conseillé de se renseigner sur la présence de troupeaux. Si un pâturage est signalé, mieux vaut le contourner lorsque cela est possible. En cas de rencontre avec un patou, il est préférable de rester calme, de marcher lentement, d’éviter de fixer le chien dans les yeux et de laisser au gardien le temps d’identifier les promeneurs avant de poursuivre son chemin.

Pour les propriétaires de chiens, la prudence doit être encore plus grande. Si un itinéraire traverse un alpage occupé par un troupeau protégé, il peut être judicieux de choisir un autre parcours, notamment avec un chien réactif ou peu habitué à ce type de rencontre.

À mesure que le pastoralisme et les activités de pleine nature partagent les mêmes espaces, la cohabitation repose avant tout sur la connaissance mutuelle. Les patous ne sont pas des chiens agressifs par nature : ils accomplissent simplement la mission pour laquelle ils ont été sélectionnés depuis des siècles. Comprendre leur comportement permet souvent d’éviter des situations tendues et contribue à préserver un équilibre fragile entre élevage, faune sauvage et loisirs de montagne. Malgré tout chaque années des accidents ont lieu, comme l’année dernière ou une joggeuse a été attaquée dans les Alpes-Maritimes

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