Dossier chasse Périscope Le sanglier, dernier rempart de la chasse française ?

On commence à bien les connaitre les chasseurs de France, depuis 20 ans qu’on les côtoie sur Chasse Passion. 20 ans de belles histoires et de passions, mais également 20 ans que les passionnés de chasse aux sangliers se font de plus en nombreux.



20 ans ? C’est marrant tient, cela coïncide avec la fameuse tempête de 1999. En fait ce n’est pas exactement une coïncidence, car on le sait, la mega-tempête qui a touché la France fin décembre 1999 a permis à des générations de sangliers de pulluler. En effet, sus scrofa avait trouvé là plus de couvert qu’il ne lui en fallait pour se reproduire loin des balles des méchants chasseurs !

Bien sûr, la tempête de 1999 n’est pas la seule responsable de l’explosion des populations de grand gibier, et par là même, des chasseurs lui faisant la chasse. S’il y a un tel engouement pour la chasse du sanglier de nos jours, c’est dû essentiellement à la disparition du petit gibier. Les chasseurs se sont adaptés, ils ont en quelque sorte « muté ».

Jadis, du temps de nos grands-pères tout au plus, la chasse au petit gibier était reine, aujourd’hui qu’est-elle devenue ? On peut dire officiellement que la perdrix grise a disparu, les quelques populations naturelles qui subsistent au nord du pays le font au prix d’efforts incommensurables. Oh ! Il reste du lièvre, des lapins ou encore des faisans c’est vrai, mais pas partout. En effet, sans revenir sur les causes de la disparition du petit gibier, sa présence devient de plus en plus disparate et aléatoire. Il ne reste dès lors que la chasse du migrateur pratiquée souvent par « les jeunes »…

Les jeunes justement, c’est bien là que nous voulions en venir, enfin plutôt les moins jeunes. Car si bon nombre d’entre eux sont des nemordes passionnés et pleins de bonne volonté, ils ne suffisent pas à combler le déficit de permis de chasse d’année en année. En toute objectivité il suffit de regarder autour de soi quand on va à la chasse. La moyenne d’âge est incroyablement élevée.

Parmi ces chasseurs, pour certains d’un certains âge, voire d’un âge vénérable, un certain nombre ont troqué le fusil contre la carabine. Il faut dire que la chasse au poste en battue requiert généralement moins d’aptitudes physiques et convient dès lors mieux aux chasseurs les plus anciens.

Avant on pouvait placer n’importe quel chasseur au coin d’un bois et être quasiment sûr de leur faire sortir un garenne ou un faisan, maintenant il a plus de chance de voir un sanglier. Ces chasseurs ont également emmené dans leur sillage des chasseurs moins âgés du fait de l’organisation des sociétés de chasse, résolument tournée vers la pratique de la chasse au grand gibier. Règlement intérieur, interdiction de chasse en semaine, etc., autant d’éléments qui ne favorisent pas la chasse au petit gibier.

Qu’à cela tienne après tout, si les chasseurs français préfèrent la bête noire à la dame des bois c’est leur droit et ils auraient tort de s’en priver vu l’importance de la population et les dégâts qu’elle génére. Les dégâts, ce problème, fléau même, qui pèse sur toute la chasse française a poussé nos institutions à déclarer une guerre aux sangliers. Une guerre sans merci dont l’un d’entre eux doit sortir vivant.

Soit les populations diminuent, soit la chasse meurt, asphyxié par les dettes. Il y a plus de chance que nous remportions la bataille en toute lucidité (et encore, si possible sans l’aide d’une satanée maladie telle que la peste porcine africaine), mais si c’est pour laisser une « terre brûlée » derrière nous, est-ce mieux ? En effet, que vont faire tous les chasseurs habitués à des tableaux finalement anormaux de 10, 15 voire 30 sangliers par jour de chasse quand demain ils n’en tueront plus que 4 ou 5 ? Pour les chasseurs agés de plus de 70 ans, il est fort à parier que la tentation de raccrocher sera grande. Pour les plus jeunes, il faudra trouver un autre gibier eldorado, oui mais lequel ?

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7 Commentaires

  1. Bonjour à tous
    Je vais peut-être faire des mécontents mais aujourd’hui le sanglier sauve en grande partie la chasse française et la discredite aussi.
    Il est plus facile de gere une population de grands gibiers (les cervidés augmentent également) que de gérer le petit gibier que l on ne maîtrise beaucoup moins, la grande faute au monde agricole et à leurs techniques (broyage, fauchage, produits phytosanitaires, couverts, …..)
    Il est trop facile de dire c est la faute des chasseurs quand il y a trop de sangliers et la faute des chasseurs quand il n y a plus rien.
    0 sangliers = moins de chasseurs.

  2. Si on avait pas il y a 20 ans laissé le droit qu a quelques chasseurs le droit de chasser le sanglier en battue et non ouvert à tous les chasseurs,peut-être on aurait mieux géré la population.
    Mais les « viandards » ont tout misé sur le gros gibier au détriment de la chasse traditionnelle.
    Dans 10 ans il ne restera plus que des chasseurs à la carabine et aux strapontins !!

  3. Chasseur depuis 20 ans c est vrai que la chasse est pour moi ma plus grande passion je chasse petit et grand gibier . j’ai le plaisir de chasser avec mon epagneul ainsi que le sanglier, en espérant que ça dure pendant encore longtemps. Vive la chasse

  4. Nous en sommes arrivés à ceci car les ACCA non pas fait le maximum pour que le petit gibier persiste, notamment pour le lapin. Il est plus facile de lâcher une caisse de cocotte que de gérer correctement ce petit gibier. Pour exemple dans l’ACCA où j’étais, chaque année ils lâchent pour 12000€ de volailles et 0 € de lapins ceci depuis 25 ans. Le lapin était le gibier chassé par Monsieur tout le monde. On pouvait se permettre d’aller faire un tour 2h00 puis rentrer. Allez dire à un jeune chasseur de sanglier, tu te postes là et tu attends pendant 4h00 ou 1 journée, tu auras peut être la chance de tirer un sanglier. Il vaut mieux qu’il aille courir les filles! Tout ça pour dire qu’il y en a presque que pour le gros gibier, si demain la peste porcine est là, 98% des société de chasse n’ont pas anticipé cette éventualité et les 3/4 des chasseurs pendront leurs fusils au râtelier. Je ne parle même pas des race de chien qui sont sur le déclin à cause de la disparition du petit gibier Roi nommé Jeannot.
    Bien à vous

    • Je suis entièrement d’accord avec vous. Dans mon enfance, il y avait des faisans sauvages, du lièvre et énormément de grives. La plaine a été pelée à outrance. Toutes les haies ont disparu. Je me suis mis au gros gibier parce qu’il n’y avait plus de grives. C’est certain que si une épidémie venait à frapper les sangliers comme la mixomatose l’a fait pour les lapins, s’en serait fini de la chasse.

  5. Moi j ai passer mon permis pour chasser le sanglier uniquement c est une bête qui se bat jusqu’a sa mort même si on fait 20 bêtes au lieu de 100 dans l annee je continuerai a le chasser ceux qui arrêtent la chasse parce que il y a plus de gibier ne sont pas passionnés

  6. bonjour
    si vous voulez sauver la chasse, il faut la diversifier et ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier!
    en cas de pandémie, la chasse est morte
    nos institutions cynégétiques sont responsables d’avoir laissé péricliter le petit gibier. c’était la solution de facilité. maintenant, la pente à remonter va être trés ardue
    le lapin était traditionnel, un gros atout pour détourner les chasseurs des cocottes, du petit gibier sédentaire et du gros. Certaines foyers regorgent encore de jeannots. on aurait pu transférer des colonies en des lieux propices et vièreges alors qu’ils étaient sur-densitaires et occasionnaient des dégâts.
    dans certaines acca, les agriculteurs ont empoisonné pour faire limiter le broutis sur le blé naissant!
    il aurait été plus judicieux de laisser prospérer le jeannot et dédommager directement les quelques broutis qui étaient bien plus accessibles financièrement pour les acca locales, que les dégâts de grand gibier!
    Au lieu de placer la quasi totalité des ressource dans des miradors, dans la création de postes et layons
    Tout le monde aurait trouvé son compte dans l’implantation du lapin! la chasse au sanglier, cela ressemble au restaurant à plat unique, on s’en lasse vite, à tel point que l’on en arrive à ne plus apprécier la monotonie des tableaux, même consistants, à ne plus en apprécier la viande, et l’on se tourne vers d’autres occupations en mettant le fusil au repos

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