Dossier chasse Périscope Tout savoir sur la chasse aux corvidés

L’intersaison pour beaucoup, c’est un moment d’attente… Un moment où l’on regarde les pages du calendrier s’effeuiller en attendant la prochaine ouverture…



Bien sûr, il y a beaucoup de choses à mener, à faire, sur les territoires… et puis pour certains chanceux, la chasse a déjà repris sous une forme ou une autre.

Il y a pourtant un mode de chasse/régulation qui lui, reste praticable en dehors des périodes de chasse sur simple demande auprès de la Direction Départementale des Territoires (+ autorisation du détenteur du droit de chasse bien entendu)… Une chasse subtile, nécessaire, peu onéreuse, passionnante et, il faut le reconnaître, particulièrement amusante : la chasse aux corvidés !

Les espèces concernées

Le corbeau freux :

Il vit généralement en grand groupe dans des corbeautières (ensemble de nids), c’est la raison pour laquelle c’est lui qui fournit les plus gros tableaux.

Il est la hantise des agriculteurs, surtout au moment des semis car, arrivant en grand groupe, il est capable de très importants dégâts qui, à la différence de ceux des sangliers, ne sont pas remboursés !

⇒ Voir la fiche sur le corbeau freux

Un corbeau freux
Un corbeau freux

Les corneilles :

Elle vit en couple et n’est que rarement en gros groupe. On la retrouve cependant régulièrement au milieu de grands groupes de corbeaux. Ce sont des animaux extrêmement rusés et tenaces. Charognards par nature, les corneilles ne rechignent pas à attaquer le petit gibier… et c’est surtout pour cette raison qu’il est nécessaire de les réguler.

On a coutume de dire qu’un couple de corneille prédate au moins un levreau ou un lapereau, ainsi qu’une couvée complète (faisan, pigeon, canard…)… par saison…

Les deux espèces sont difficiles à distinguer l’une de l’autre, surtout en vol… La principale différence réside dans le bec : gris pour le freux, noir pour la corneille…

⇒ Voir la fiche sur la corneille

La corneille noire
Corneille noire

Les choucas, eux, sont plus petits et protégés (au moindre doute on s’abstient), tout comme le grand corbeau (il n’existe pas de population en plaine, néanmoins il est présent en montagne notamment dans les alpes).

Une règle simple pour éviter de tirer un choucas que m’a glissé mon ami Gaëtan (à qui je dois l’essentiel de mes connaissances en ce qui concerne les corvidés) : si tu vois un couple de corbeaux arriver vers toi et que ça semble trop facile… méfie-toi ! ce sont souvent des choucas !

Les corneilles n’ont presque pas de prédateurs, à part l’autour des palombes… C’est donc au chasseur qu’incombe la tâche de réguler l’espèce.

Quand aux autres corvidés… et bien, la pie se piège plus qu’elle ne se chasse et le geai, espèce chassable peut être piégé et détruit selon certains arrêtés de dégâts aux cultures dépendants des départements…

Comment pratiquer la chasse aux corvidés ?

La chasse aux corbeaux se pratique le plus souvent au lever du jour. On peut tirer différents types de plombs mais du 7,5 de trap fait très bien l’affaire. Il est très important de bien observer le comportement des oiseaux afin de repérer l’endroit le plus propice pour installer son poste. L’objectif ensuite est de les tirer à la pose ou lors de leur approche.

Attention, ces oiseaux sont particulièrement intelligents, il vous faudra donc user de tous vos talents pour les faire venir…

Les coquilles ou demi formes sont très pratique à la chasse aux corvidés
Les coquilles ou demi formes sont très pratique à la chasse aux corvidés

Le plus simple et aussi le plus efficace est de vous rapprocher de votre fédé’. En effet la plupart d’entre elles proposent des formations données par des spécialistes expérimentés qui sauront vous guider efficacement dans vos premiers pas de chasseur de corvidés!

De plus sachez qu’un bon nombre de ces fédérations réceptionnent les demandes émanant de fermiers et d’habitants excédés par ces volatiles. En vous inscrivant auprès d’elles, elles pourront faire appel à vous et vous proposer ainsi de nombreuses occasions de chasse au cours de l’intersaison.

Repérer et se dissimuler :

Repérez bien d’où viennent les oiseaux, où ils mangent, où il dorment… Pensez au sens du vent et au soleil (plutôt derrière que devant si vous avez le choix)… Repérez les lignes de vols… Et postez votre poste entre les lieux de nidation et les points de gagnage.

Ensuite viendra la question de l’affût lui-même.

Une bonne chasse aux corbeaux passe par un affût parfait
Une bonne chasse aux corbeaux passe par un affût parfait

Choisissez une haie et matérialisez un espace confortable (mais réduit) avec deux palettes puis recouvrez-les avec des branches prises dans la même haie… vous serez indiscernables… complètement fondus dans le paysage !

Pensez à construire votre poste au moins une semaine à l’avance ! Ainsi le jour de la chasse aux corbeaux les oiseaux se seront habitués à ce nouvel élément du paysage.

Si vous en avez la possibilité, faites des postes permanents sur vos territoires et tournez de l’un à l’autre afin de ne pas habituer les oiseaux à votre présence.

Les affûts artificiels et transportables sont eux aussi tout à fait utilisables… mais vous l’aurez compris, si vous ne les mettez pas plusieurs jours en avance… certains oiseaux seront réticents.

Les corbeaux on une vue extrêmement perçante
Les corbeaux ont une vue extrêmement perçante

N’oubliez pas : les freux et corbeilles voient bien et de très loin… plus vous serez dissimulés (ça veut dire, cagoule et habits camo obligatoires)…  plus vous aurez d’occasions de tirs !

Les formes de corbeaux :

Pour attirer un oiseau, rien de tel qu’un autre oiseau, ou plus exactement, plusieurs autres oiseaux, c’est un trait que les chasseurs de gibiers d’eau ou de palombes connaissent parfaitement.

Prenez des formes de bonne qualité et faites attention quand vous les manipulez, quand vous les rangez afin de les faire durer. Il existe des formes en plastique qui sont correctes, mais les formes floquées sont plus efficaces.

Coquille de corbeau floquée
Coquille de corbeau floquée

Si vous avez de vieilles formes plastiques ou si vous abimez l’une de vos formes, un petit truc simple et efficace permet de leur redonner une nouvelle jeunesse : les recouvrir d’un bas noir… c’est très efficace et peu onéreux !

Les coquilles sont elles aussi efficaces, surtout en mélange avec d’autres formes…

Une quinzaine suffit, un bon kit de départ serait donc (une centaine d’euros pour débuter) :

  • 7 formes floquées pleines (éventuellement dans des positions différentes)
  • 7 coquilles
  • 1 (ou 2) magnum(s)

Selon votre budget il existe aussi les tourniquets, qui sont très efficace il faut le reconnaitre.

Forme pleine de corbeau
Forme pleine de corbeau

L’ « attelage » :

Exemple d'attelage pour chasser le corbeau
Exemple d’attelage pour chasser le corbeau

Pour la disposition, le mieux c’est d’observer ce que ces oiseaux font dans la nature et d’essayer de le reproduire en gardant à l’esprit que l’objectif est de tirer les oiseaux au vol, alors qu’ils s’apprêtent à se poser.

Positionnez donc vos formes de corbeaux ou corneilles en commençant à 5 mètres de votre poste et dans un rayon d’environ 25 mètres… dans tous les sens et de manière réaliste, en n’hésitant pas à former des couples. A la différence de la chasse aux pigeons, ou aux gibiers d’eau, le sens du vent importe peu.

Voici un exemple de disposition des formes de corbeaux
Voici un exemple de disposition des formes de corbeaux

Les appelants :

Comme pour les autres oiseaux que l’on chasse ainsi… les appelants vivants sont d’une redoutable efficacité.

Les corneilles sont difficiles à maintenir en vie, elles ne pensent qu’à s’enfuir… mais les corbeaux eux sont assez dociles (ça mord fort quand même hein…).

Vous en obtiendrez facilement en les piégeant dans une cage à corvidés (ou en vous rapprochant d’un ami piégeur).

Vous pourrez les attacher de la même manière que vous le feriez avec des canards et vous ne serez pas déçus une fois installés !

Les appelants vivants de corbeaux sont autorisés à la chasse
Les appelants vivants de corbeaux sont autorisés à la chasse

Les appeaux à corbeaux :

Enfin… les appeaux à corvidés fonctionnent eux aussi très bien avec ces volatiles… surtout pour lancer ou relancer votre dispositif.

Il faut bien sûr s’entraîner mais avec un bon outil, on arrive vite à faire la différence et une fois maîtrisé, c’est un vrai plaisir de réussir à détourner un couple de corneilles de sa trajectoire afin de les intéresser à votre « attelage » !

(Pour l’entrainement à l’appeau, un conseil que m’a donné (encore une fois) Gaëtan : mettez l’appeau dans votre voiture et entrainez-vous à chaque feu rouge, vous aurez l’air un peu cinglés… mais vous progresserez rapidement !)

A retenir :

Arriver bien avant le lever du jour, quand la nuit est encore bien noire
 Placez votre affût dans l’ombre si possible
 Ayez autant que possible le vent dans le dos ou de travers, les oiseaux arriveront ailes ouvertes face à vous
Évitez les jours de pluie ou de vent, les corvidés n’aiment pas bouger dans ces moments-là !
Ramassez vos oiseaux, ne les laissez pas battre des ailes aux vents (c’est contre l’éthique et ça éloigne les autres)
 Chassez assis, vous attirerez moins les regards
 Méfiez-vous des taches claires ou brillantes (comme les montres) que vous pouvez avoir sur vous
Respectez scrupuleusement les règles de sécurités… à deux, ou plus, dans un poste avec des oiseaux qui volent partout… ne prenez aucun risque !
Observez ! Observez ! Observez ! C’est la clé de la réussite

N’oubliez pas :

Qu’il est interdit de disposer vos oiseaux morts au milieu des formes
Que les populations se multiplient par 4 après la reproduction (intervenez avant si possible)
Qu’en période de destruction, il est autorisé d’utiliser des formes avec un dispositif sonore (corbeau croasseur) reproduisant les cris du corbeau qui sont assez redoutables!
Que les corneilles les plus vielles sont les plus malines… et que c’est donc elles dont il faut privilégier le tir

En conclusion

La chasse aux corvidés, c’est un peu le plaisir du gibier d’eau pour un coût et une complexité ultra légère et avec de très nombreuses occasions de tir…

Vous n’aurez peut-être pas le plaisir des grandes nuits de migrations… et c’est sûr qu’il n’y aura pas le plaisir gustatif d’un petit chipeau aux oranges, mais je vous promets tout de même de sacrées matinées !…

Et le plaisir du devoir accompli !

Bonne régulation.

Beber (Wild !)

Mon enfance a baigné dans la chasse. J’ai vu mes aïeux chasser, mon père, mon oncle, mes grands-pères, leurs amis…. J’ai rechargé des cartouches en carton au coin du feu, j’ai regardé les adultes préparer le gibier, j’ai appris avec ma mère à le cuisiner. Passionné par le tir sportif, le ball-Trap, les armes, le monde animal, la botanique, la nature, les méthodes de survie « douce », le bushcraft … Toujours avide de formations et de découvertes, j’aime aller à la rencontre des autres et découvrir de nouvelles pratiques… c’est par éthique, conviction et passion que je chasse.

7 Commentaires

  1. Bonjour,

    Effectivement j’adore ce mode de chasse qui pour moi est réellement de la chasse. Ce que j’apprécie particulièrement c’est la réelle tranquillité qu’il y’a avec zéro concurrence et surtout on est très très très loin des battues aux sangliers avec les psychopathes de service ?

  2. J’ai suivi vos conseils pour ma première année de destruction des corvidés j’en prélevé 36 et loupé……. Et il reste 1 mois

  3. j ai déjà chasser la corneille sur mon territoire mais vos petits conseils m ont aidé, de plus prélever des corneilles , aide le petits gibiers de plaine plus particulièrement le lievre . merci

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