Dossier chasse On a testé pour vous Balles Browning BXC/BXR : le test !

Il est la, le test que tout le monde attend! En ce début d’année 2018 on assiste au lancement des nouvelles munitions Browning de grande chasse. Le célèbre fabricant d’armes s’associe avec son compère Winchester pour retrouver l’univers de l’encartouchage !



La maison liégeoise (Browning est, depuis les années 60, une filiale de FN Herstal) avait en effet abandonné la production de cartouches mais la voilà qui vient de faire marche arrière, en proposant pour le marché européen 2 nouvelles balles pour carabine ! Mises en vente sur le marché américain dès 2016, elles y ont rapidement connu un grand succès.

Europe chasse, l’importateur exclusif pour la France, a eu la bonne idée de nous en envoyer 2 boites et c’est avec grand plaisir que je vais vous raconter ce que j’en ai fait !


Pourquoi  de nouvelles ogives sur un marché déjà bien pourvu !?

Parce que Browning pense que le marché européen a besoin de cartouches haut de gamme, reposant sur le savoir-faire et le renom d’une grande firme, à un coût de milieu de gamme. C’est un « pari » osé me direz-vous, car on ne peut pas dire que les chasseurs manquent de choix quand on parle de munitions de grande chasse.

Quand bien même, l’armurier s’est associé avec son partenaire Winchester pour produire 2 nouvelles balles aux profils particulièrement intéressants !

Quels profils ?

BXR et BXC, voici le petit nom de ces 2 nouvelles cartouches ! R pour expansion rapide et C pour expansion contrôlée !

Les deux ogives sont serties dans des douilles nickelées et non cuivrées ce qui leur confère une meilleure résistance à la corrosion (et un look d’enfer) !

Les deux étuis étant donc identiques, il s’agit ici de différencier les balles elles-mêmes et particulièrement leurs comportements balistiques lors de la pénétration !

Les BXC sont des balles à expansion contrôlée destinées aux gibiers lourds (cerfs, gros sangliers, rennes…).

C’est une balle à noyau soudé avec une pointe en aluminium (terminal tip) ayant pour fonction de perforer peaux et os épais en développant sa puissance au fur et à mesure de la pénétration en générant un pouvoir d’arrêt fulgurant.

On a ici affaire à une balle ayant une grande capacité de pénétration tout en conservant une rétention de poids de près de 100/100 !

De plus l’ogive ayant un poids élevé et une base fuselée la précision doit être au rendez-vous !

Les données d’usine de la BXC en 30-06 sont une vitesse de 762 mètres par seconde pour un projectile de 11,99 grammes (185 grains) donnant à l’impact une énergie développée de près de 3500 joules (à 100 mètres) ! (58€ environ la boite de 20 chez Prévot)

La BXC est proposée dans plusieurs calibres dits « américains » : 270 Win, 7mm Rem, 308 Win, 30-06 Spr, 300 WM.

Les BXR sont des balles à expansion rapide à réserver aux gibiers plus légers (chevreuils, petits sangliers..).

L’animal ciblé étant de morphologie plus légère, la balle doit travailler rapidement afin de produire un transfert d’énergie massif et instantané, renforcée par son large diamètre associé à sa pointe « Matrix » (mélange de cuivre et de polymère très dur) et sa structure à cavité (Hollow Point).

Enfin, la forme de la balle (boat tail) lui permet de conserver ses propriétés à courte et à longue distance, la rendant redoutable aussi bien en battue qu’à l’affut ou à l’approche !

Les données d’usine de la BXR en 30-06 sont une vitesse de 814 mètres par seconde pour un projectile de 10,04 grammes (155 grains) donnant à l’impact une énergie développée de 3300 joules (à 100 mètres) ! (48€ environ la boite de 20 chez Prévot)

La BXR est proposée dans un plus grand nombre de calibres que la BXC : 243 Win, 270 Win, 270 WSM, 6,5 CM, 7mm Rem, 30-30 Win, 308 Win, 30-06 Spr, 300 WM. Pas de 7×64, c’est dommage.

Bon, et qu’est-ce que ça dit une fois dans la carabine ?

 Dimanche matin, 8h30, la neige vient de tomber…

La nature est magnifique et le stand de tir « La Cible mancieulloise » agréablement calme. Personne ne s’est encore déplacé, sauf les valeureux préposés à l’ouverture des portes et ça ne pête pas encore de tout les côtés…

Mon ami Quentin me rejoint avec sa 30-06 (J’ai une 7×64, calibre non disponible!) et direction les cibles pour voir ce que ces cartouches ont dans le ventre !!!

La carabine de Quentin est une Blaser r93 équipée d’un Aimpoint 9000 SC.

Elle est réglée pour le tir en battue à 50m. C’est donc dans ces conditions, carabine callée dans un chevalet (afin de tester les balles et non le tireur..) que nous testerons les cartouches…

(Je rappelle ici, si nécessaire, que ce type de test nous renseigne autant sur la qualité des balles que sur leur adéquation à notre matériel)

 TEST DE GROUPEMENT

Bon et bien, il n’y a pas à tortiller; Une bonne carabine, ça tire précisément, un armurier de renom, ça fait du bon boulot et un bon encartoucheur ça fait de sacrément bonnes cartouches ! Voici comment je pourrais résumer ma séance, mais bon on va détailler un peu tout de même.

On voit sur les photos que les deux groupements sont décalés d’une dizaine de centimètres vers le haut ! Ça, c’est le réglage du Aimpoint qui est à revoir (en tout cas pour mon œil) ! Mais on voit bien que les impacts des balles sont très resserrés (c’est vrai qu’on est à 50 mètres ! Mais bon, qui peut le plus peut le moins).

On voit que les BXR sont un peu plus écartées que les BXC… mais le groupement reste excellent !! Les BXR tiennent dans un diamètre de moins de 5 centimètres et les BXC n’ont même pas 2,5 centimètres d’écart entre les deux impacts les plus éloignés !

Cela est notamment dû à la forme spécifique de l’ogive qui ayant un poids élevé et un culot fuselé sont particulièrement précises.

Et la vitesse ?

Et bien, on est exactement dans ce que promet l’encartoucheur (en mieux) !

Avec notre chronographe, la BXC sort à 800 mètres par seconde et la BXR à 860 !!

Les différents tirs sont hyper réguliers, pas d’écarts significatifs lors du test, c’est la preuve d’une bonne régularité dans le dosage de la poudre !

Et qu’est-ce qu’on peut dire d’autre ?

Pour tester l’expansion et le travail des munitions, j’ai réalisé un essai de tir sur matière afin de voir le comportement des balles. J’ai donc choisi d’utiliser de la glaise (Merci David) parce que ses propriétés physiques permettent à la balle de bien se développer. On peut ainsi extrapoler et avoir une idée des lésions produites dans des tissus organiques…

Léger bémol, lors du test les blocs de glaise étaient un peu trop mous, si bien que l’un d’entre eux n’a pas résisté à la puissance de notre 30-06 !

Ce que l’on peut conclure en tout cas de ce test de pénétration sur glaise, c’est qu’on voit bien la puissance développée par ces deux balles, ainsi que leurs différences de comportements.

LA BXC pénètre le bloc de glaise; il ne l’arrête pas et elle travaille tout le long de son chemin en champignonnant régulièrement. La balle traverse les 50 centimètres de terre en produisant une impressionnante cavité. On imagine facilement le pouvoir vulnérant que ce projectile doit avoir sur un grand animal.

D’ailleurs, on voit sur la vidéo que la balle a beau traverser les 45 cm de glaise – quand elle touche l’arrêtoir en sable placé à sa suite elle fait carrément tomber le portique ! Il a quand même pas loin de 30 kilos aux pieds !

La BXR elle… et bien… elle a trop fait le job ! Comme son rôle c’est d’expanser rapidement…. elle a expansé rapidement, très rapidement !

C’est-à-dire que dès que la balle a rencontré un milieu propice à son développement, elle a débuté son expansion. Mais comme ici aucune couche de peau ne retient la glaise, elle a explosé en envoyant des morceaux à plus de 5 mètres !!!

Pour le coup, la glaise dans ce dispositif rend mal compte de ce qui se passerait avec un animal – évidement celui-ci n’exploserait pas, on vous rassure !

Cette balle-là est faite pour sécher l’animal sur place, ce fut trop pour mes 45 centimètres de glaise mais cela donne une bonne idée de la puissance de cette balle en comparant les dégâts de la BXC

En bref et pour conclure

D’après moi, il n’y pas grand chose d’autre à dire, que Browning va réussir son pari en proposant ces 2 balles de superbes factures.

Elles correspondent exactement à ce que l’armurier promet. Que ce soit en fiabilité, en précision, en vitesse et clairement… en puissance !

La polyvalence de ces deux cartouches, leur adaptabilité aux différentes chasses et surtout leur simplicité (que 2 types de balles différents = facile de s’y retrouver dans la gamme) combleront chaque chasseur de grands gibiers. Nul doute de retrouver les BX, R et C, dans pas mal de cartouchières cet hiver !!

Allez… Bonne chasse !

Beber

Nota : Merci à Quentin pour la carabine, à Nicolas pour le chronographe, à David pour le « protocole glaise » et au club « La Cible mancieulloise » pour l’essai !

 

Mon enfance a baigné dans la chasse. J’ai vu mes aïeux chasser, mon père, mon oncle, mes grands-pères, leurs amis…. J’ai rechargé des cartouches en carton au coin du feu, j’ai regardé les adultes préparer le gibier, j’ai appris avec ma mère à le cuisiner. Passionné par le tir sportif, le ball-Trap, les armes, le monde animal, la botanique, la nature, les méthodes de survie « douce », le bushcraft … Toujours avide de formations et de découvertes, j’aime aller à la rencontre des autres et découvrir de nouvelles pratiques… c’est par éthique, conviction et passion que je chasse.

Laisser un commentaire

Veuillez entrer votre commentaire !
Veuillez entrer votre nom ici