Dans un précédent article, je parlais de la relation particulière qui unit un piqueux à sa meute de chiens courants, mais il en existe une autre, tout aussi forte, unissant les propriétaires de chiens d’arrêt. Le mode de chasse n’est pas le même, mais les émotions et l’amour, eux, sont comparables.
Dans la lumière pâle d’un matin d’automne, lorsque la rosée accroche encore les herbes hautes, une silhouette se détache aux côtés du chasseur : celle de son chien d’arrêt. Plus qu’un simple auxiliaire de chasse, il est un compagnon de chaque instant, un partenaire silencieux dont la complicité se forge au fil des saisons.
Le chien d’arrêt incarne une élégance particulière dans l’univers cynégétique. Qu’il s’agisse du Pointer, vif et racé, du Setter anglais au galop souple, de l’Épagneul breton, infatigable et proche de son maître, ou encore du Braque allemand, puissant et polyvalent, chacun porte en lui une même vocation : trouver le gibier et le figer dans une immobilité presque sculpturale. Cet arrêt, suspendu dans le temps, est l’essence même de la chasse devant soi.
Mais au-delà de la performance, c’est une relation profonde qui unit l’homme et l’animal. Le chasseur apprend à lire son chien comme un livre ouvert : une tension dans la queue, un ralentissement du pas, un regard appuyé suffisent à deviner la présence d’une bécasse tapie dans un fourré ou d’un perdreau dissimulé dans une friche. En retour, le chien perçoit les intentions de son maître, anticipe ses déplacements, ajuste sa quête. Cette symbiose ne s’improvise pas : elle se construit avec patience, respect et confiance.

La chasse au chien d’arrêt est une école d’humilité. Dans les plaines ouvertes, à la recherche du faisan ou de la perdrix, comme dans les sous-bois à la poursuite de la mordorée, le succès ne dépend pas uniquement du tir, mais de l’harmonie du duo. Un chien trop fougueux brise l’instant, un maître trop pressé rompt l’équilibre. Lorsqu’au contraire tout s’aligne, l’envol du gibier devient presque secondaire tant la beauté de l’action suffit à combler.
Au cœur de cette relation se trouve une fidélité indéfectible. Le chien d’arrêt ne juge pas, ne trahit pas. Il accompagne, coûte que coûte, dans le froid, la pluie ou la fatigue. Pour lui, chaque sortie est une promesse renouvelée de partage. Et pour le chasseur, chaque regard échangé rappelle que la chasse n’est pas seulement un acte, mais une histoire vécue à deux.
Ainsi, au fil des années, le chien devient bien plus qu’un compagnon de chasse : il est une mémoire vivante, le témoin des journées réussies comme des bredouilles, et surtout, le cœur battant d’une passion que rien ne remplace.















7 réflexions sur « L’ode aux chiens d’arrêt, nos fidèles compagnons »
Magnifique
@bercas, Bravo pour ce magnifique commentaire. N’oublions jamais que nos fidèles compagnons ne nous trahissent jamais, qu’ils nous rendent au centuple l’Amour que nous leur portons et qu’ils valent mieux que certains hommes.
Alexandre, chasseur de bécasses et petits gibiers
Les 10 commandements canins
1- Il est probable que ma vie dure entre 10 et 15 ans. Il me serait très pénible de me séparer de toi alors souviens toi de ça avant de m’acheter.
2- Donne moi du temps pour comprendre ce que tu attends de moi.
3- Ais confiance en moi, c’est essentiel pour mon bien-être.
4- Ne sois pas en colère contre moi pendant longtemps et ne m’enferme pas pour me punir. Tu as ton travail, tes distractions et tes amis. Je n’ai que toi.
5- Parle moi de temps en temps. Même si je ne comprends pas tes mots, je comprends ta voix quand elle s’adresse à moi.
6- Rends toi bien compte que, peu importe la façon dont tu me traites, je ne l’oublierai jamais.
7- Avant de me frapper, rappelle toi que j’ai des crocs qui pourraient facilement broyer les os de ta main, mais je choisis de ne pas te mordre.
8- Avant de me gronder parce que je suis peu coopératif, têtu ou paresseux, demande toi s’il y a quelque chose qui me tracasse. Peut-être que ma nourriture ne me convient pas, ou que je suis resté au soleil trop longtemps, ou que mon cœur devient vieux et faible.
9- Prends soin de moi quand je deviens vieux, toi aussi tu vieilliras.
10- Accompagne moi durant les moments difficiles, ne dis jamais « je ne supporte pas de voir ça » ou « faites que ça se passe en mon absence », pour moi tout est plus facile si tu es là.
SOUVIENS TOI QUE JE T’AIME
Superbe ! Tout est dit.
Magnifiquement bien dit
Bel article, dommage que tu oublies nos magnifiques braques français.
Pour ma part j’ai eu le bonheur de vivre avec un braque français type gascogne qui a été vice champion de france de field trial sur gibier sauvage.
Rien a envier au allemands ou au britanniques
Pour avoir posséder plusieurs races , setter, bleu picard, breton, griffon et côtoyer ceux des amis, braque, master , springer, pointer,labrador.. ect .. tous, avec leurs qualités et aussi leurs défauts comblent les maîtres… mais sur le terrain .. qui est le maître ?